ACTE I , SCÈNE XI
C’est trop fort.
MALZEN.
MADAME BARNECK.
Non, jamais.
SAL8BACB.
Aimez-vous mieux que le mariage soit bon cl inattaquable?
MALZEN Ct MADAME BARNECK.
Ce serait encore pire.
Ensemble.
MALZEN , à part.
L’aventure est cruelle.
Quoi ! j'aurais la douleur D’habiter près de celle Qui cause mon malheur!
LE CHOEUR
L’aventure est nouvelle.
Un autre , plein d’ardeur ,
Dans cette loi cruelle Trouverait le bonheur.
MADAME BARNECK, à part.
L’aventure est cruelle.
Quoi ! J’aurais la douleur De le voir près de celle Dont il lit le malheur !
SALSUACll, à part.
L’aventure est nouvelle.
J’espère au fond du cœur Que cette loi formelle Sauvera mon honneur.
MALZEN, avec effort.
Jusqu’à demain , puisqu’il nous faut attendre, Soumettons-nous.
8AL8BACH , souriant.
C’est le plus court parti.
’ MALZEN.
Mais la justice , en m’ordonnant ainsi Malgré moi de rester ici ,
A rien de plus ne peut prétendre.
MADAME BARNECK , montrant l’apartcment à gauche. Dans notre appartement , ma nièce , il faut nous rendre. MALZEN , montrant relui qui est à droite.
Je pense que le mien est de ce côté-là?
LOUISE
.MADAME BARNECk , vivctUCUl.
Oui , dans l'aile du nord.
ÎSALSBACII.
Le plus froid , c’est cela.
L'un ici, l’autre là !
Ensemble.
SALSBACn , à part.
Quel doux, accord, quel bon ménage!
Comment, bêlas! les réunir?
Ah ! c’en est fait , je perds courage ,
Et , comme lui , je vais dormir.
MADAME BARNECK.
Par cet affront , par cet outrage ,
Il croit peut-être nous punir ;
Mais au fond du cœur il enrage,
Et cela double mon plaisir.
IIALZEN , à part.
Allons, allons, prenons courage,
. Mon supplice est près de linir ;
Et de cet indigne esclavage Je saurai bientôt m’affranchir.