‹ Œuvres choisies de E. Scribe 3Chapitre 456 sur 457 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

les précédents; LAPJERRE.

LAPIERRE, à Riqurbourg,

Monsieur, M. Daropierrc fait demander vos dentiers ordres ; car la chaise de poste est dans la cour , tout attelée , et prête à partir.

GEORGE, à Lapierre.

EtDampierre, où est-il?

LAPIERRE

En bas, avec sa jeune femme, qui pleure , qui se désole.

GEORGE, à part.

Encore un heureux que je ferai ! ( A Lapierrc. ) Dis-lui qu’il reste, que je prends sa place.

LAPIERRE

Vous, monsieur!

GEORGE

Va vite.

( I-iapierre sort. )

lUQl EBOlRC .

Ainsi donc, rien ne peut te retenir?

GEORGE, leur tendant la main à tous.

Adieu, tout ce que j’aime, adieu, tout ce qui m’est cher.

HORTENSE

George, vous êtes un brave, un honnête garçon.

R1QUEB0URG.

Parbleu! qui est-cc qui en doute? (Regardant Ilortcnsc pendant qu’elle se détourne. ) Ah! elle pleure aussi, c’est bien heureux! j’ai cru quelle le verrait partir sans lui donner un regret.

LA FAMILLE RIQUEBOURG.

GEORGE, à Riquebourg.

Adieu , mon oncle, mon pcre !

RIQUEBOURG.

Ah! l’ingrat...

( Il détourne la tête du côté d’Élise et du vicomte, et remonte la scène avec eux, pendant que George s’approche d’ilortense. )

GEORGE, à Hortensc.

Ai-je fait mon devoir ?

IIORTENSE.

Oui.

( Riquebourg s’assied sur le fauteuil, et paraît accablé de douleur ; le vicomte et Élise, auprès de lui, cherchent à le consoler. )

GEORGE, avec joie.

Et je vous le dois, et je pars heureux, sans remords, sans regrets.

(Ilortcnsc, sans lui rien dire, lui tend la maio.)

GEOltGE, lui baisant la main.

Ah ! ( Prenant le mouchoir qu’elle tenait. ) Mouillé de VOS larmes , il ne me quittera plus ; le voulez-vous? (Hortcnse lui abandoone le mouchoir ; George le met dans son sein, et, courant vers le fond.) Adieu ! pensez à moi, soyez heureux.

( Il sort, Élise et le vicomte sortent après lui. )

RIQUEBOURG, lui tendant les bras.

George ! mon ami ! ( Musique. — Resté seul avec Hortcnse , après un moment de silence, il se lève, et s’approche d’elle.) VOUS l’avez voulu, je vous ai obéi en tout; j’ai consenti à leur mariage, et plus encore, à son départ... Maintenant, votre promesse, je la réclame. ( Avec une colère concentrée.) Celui que VOUS aimez, quel CSt-il? (ün euteud dans la cour le roulement d’une voiture qui part; ce bruit fait tressaillir Riquebourg, qui porte la main sur son coeur. ) Parlez, OÙ est-il?

IIORTENSE, étendant le bras du cèlé de la voiture.

Il est parti !

(Riquebourg pousse un cri, et reste la tète appuyée dans ses mains. )

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