SCÈNE V
les précédents; CHAVIGNI.
CHAVIGNI , entrant et saluant la marquise.
Que je suis heureux, madame, de pouvoir vous présenter mes hommages !
LE DIPLOMATE
Air de Marianne.
Après un aussi loug voyage,
Combien il est doux pour mou cœur De voir sur ce lointain rivage,
Une Française! quel bonheur !
Fidèle aux lieux où je naquis.
Je regretlais partout ces bords chéris.
Vous retrouver en ce pays ,
C’est retrouver et la France et Paris.
En voyant la grâce légère Qui brille à mes yeux étonnés,
Je dis : * A tous les coeurs bien nés « Que la patrie est chère! »
( Les personnages sont placés en scène de la manière suivante : Isabelle , le comte de Morcno ; Cliavigni, la marquise. )
( Apercevant M. de Moreno et sa fille. )
Eh , mon Dieu ! monsieur le comte de Morcno ! ( Saluant. ) Doua Isabelle, c'est aujourd’hui le chapitre des reconnaissances , et en voilà trois admirables selon moi.
LF. COMTE.
Et surtout bien imprévues, n’ est-il pas vrai? Vous ne vous attendiez pas à nous voir ici ?
CHAVIGNI
D’honneur, la dernière fois que je vous ai rencontré , vous m’aviez dit que vous alliez en Danemark ; ce qui me désolait , parce queje suis chargé d’affaires très-importantes qui me retiendront quelque temps dans cette résidence.
LF. COMTE.
Vous , des affaires ?
Oui , vraiment, une grave négociation.
LA MAHQITSF, , à part.
Imprudent!...
CHAVIGNI
Cela étonne votre excellence, j’en étais sûr; vous avez de moi une si bonneopinion ! Vous ne me croyez pas en état de rédiger un protocole. Et c’est tout au plus , selon vous , si j’ai la capacité nécessaire pour porter des dépêches diplomatiques. Eh bien ! on a une tout autre idée de moi à la cour de France. On consent à m’employer; et, comme nul n’est prophète en son pays, on m’envoie en Allemagne.