‹ Œuvres choisies de E. Scribe 3Chapitre 62 sur 457 · LE COMTE DE MORENO , ISABELLE · texte numérisé non relu

LE COMTE DE MORENO , ISABELLE

ISABELLE

Quelle belle galerie nous venons de traverser ! C’est admirable pour un bal ; n’est-il pas vrai , mon père ?

LE COMTE , préoccupé.

Oui , oui , ma chère amie.

ISABELLE

Avez-vous remarqué quelle belle anglaise on pourrait y danser? Il est vrai qu’en Allemagne ils ne connaissent que la valse , qui a bien aussi son mérite. Mais pourquoi, lorsque tout le monde commence à arriver, venez- vous dans ce petit salon, où il n’y a personne ?

LE COMTE , s .ms l’écouter.

Rien n’égale mon inquiétude. Je ne puis nier que ce Chavigni n’ait déjà fait des progrès dans l'esprit du grand-duc. Est-ce que je me serais trompé sur son compte? Il est de fait qu'il a plus de fond, plus de portée que je ne croyais. 11 a surtout, ce que j’ai trouvé le plus difficile , une gaieté, une liberté d’esprit, qui lui permettent do cachera tous les yeux les desseins qui l’occupent. Pendant la chasse il a su amuser le grand-duc par une foule do contes plaisants. 11 a même fait deux couplets aux dépens du grand-veueur. J’espérais qu’il se fâcherait; mais il en a ri le premier.

ISABELLE

Mon père , est-ce que nous ne rentrons pas dans la salle de bal ?

* LE COMTE

A quoi bon ? le prince n’y est pas encore.

ISABELLE

C’est que je suis engagée pour la première valse.

LE COMTE

Ah ! tu es engagée!... avec qui?

ISABELLE

Ah!... mon père ! vous devinez bien.

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