‹ Œuvres choisies de E. Scribe 3Chapitre 65 sur 457 · ACTE H, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNE II

CI1AVICM.

Si vraiment, c’était bien mon idée; mais c’est que...

LE COMTK.

Eh bien ! vous hésitez !

CIIAV1C.NI.

Non, sans doute; mais un pareil bonheur... un coup si inattendu, et dans la situation où je suis... je désire au moins un instant derétlexion.

LE COUTE

C’est trop juste.

CH AV IG\I, à part.

Que vais-je faire ? lui avouer... quoi? que je ne sais rien , que je n’ai pas de secret , que je suis un sot ! 11 est capable de ne pas me croire; et s’il me croit , c’est encore pire; je perds son estime et tout espoir à la main de sa fille. Non , ma foi , conservons au moins l'honneur, c’est toujours cela de sauvé.

Eh bien, monsieur ! répondez donc.

1,E COUTE

• Êtes-vous décidé ?

CIIAVICNI.

Oui , monsieur le comte. Placé entre le devoir et l’amour, j’ai été sur le point de céder à ce dernier ; mais le talent que vous m’accordez, le mérite que vous avez cru reconnaître en moi , je perdrais tout, si je disais un mot, et c’est pour rester digne de vous que j’ai résolu de me taire.

ISABELLE

0 ciel ! que viens-je d’entendre ?

LE COMTE

Refuser la main de ma fille, repousser mes bienfaits ! c’est indigne, c’est affreux. (A pari.) C’est bien» lui... Je ne m’y attendais pas. . ,

Air de la valse des Comédiens,

Mais qu’ai-je vu? son altesse s’avance.

Auprès du prince, à mon poste je cours.

(A Cliavigni.)

Entre nous deux , monsieur, plus d’alliance ;

Mais mon estime est à vous pour toujours ! - (A part.)

Déjà chez lui tant d’aplomb et d'adresse ;

LE DIPLOMATE

TO

Il faut , morbleu ! l'observer avec soin ;

Pour parvenir, immoler sa tendresse :

Je me trompais , ce jeune homme ira loin.

Ensemble.

LE COMTE

Dans ce salon son altesse s’avance, etc.

CIUVIGNI.

J’avais raison de garder le silence ;

Il me sert mieux que les plus beaux discours.

De le fléchir je garde l’espérance,

Car son estime est à moi pour toujours.

ISABELLE

Ah ! c’est affreux ! Peul-on , lorsque j’y pense,

A sa fortune immoler ses amours !

Oui, pour mon cœur il n’est plus d’espérance;

Je l’abandonne , hélas ! et pour toujours.

( l.e comte sort; Isabelle se dispose à le suivre , Cliavigni la retient , et la ramène sur le devant de la scène.)

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