‹ Œuvres choisies de E. Scribe 3Chapitre 80 sur 457 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

CHAVIGNI , seul.

Voilà la frayeur qui me prend, à mon tour ; cette pauvre femme s’exposer ainsi pour moi. Je ne sais en honneur si je dois la retenir ou la laisser faire ; parce que ce qu’elle va faire là est quelque chose de si hardi , de si... Diable m’emporte si je sais ce que c’est, mais ce doit être terrible. Et c’est moi qui ai combiné , qui ai conduit tout cela , qui suis la cause de tous ces grands événements... Ah! si M. deMoreno était ici! lui qui soutenait ce matin que le génie faisait tout ; si cette entreprise , quelle qu’elle soit , vient à réussir, ils seront tous persuadés de mes immenses talents; mais si elle ne réussit pas, je suis le plus ridicule et le plus absurde des hommes. Que se passe-t-il là dedans? Suis-je un sot ou un homme de génie? Cela se décide en ce moment, sans qu’il y ait de ma faute , et sans que mon mérite indue en rien sur la décision. La marquise ne revient pas ; mauvais présage. Allons , c’est décidé , je suis un sot , et voilà M. de Saldorf qui vient m’en apporter la nouvelle officielle.

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