ACTE II, SCÈNE I
RATON, avec impatience.
C'est bien, ma femme, c'est bien.
MARTHE
Des lettres de nos correspondants, auxquelles il faut répondre.
RATON
Tu vois bien que je suis occupé.
MARTHE
Il faut en même temps écrire à ce riche tapissier de Hambourg.
RATON, a\ec colère.
Un tapissier !
MARTHE
I ne de nos meilleures pratiques.
RATON
Écrire à un tapissier!... quand je suis là à écrire à une reiue!
MARTHE
Toi !
RATON
A la reine-mère ! une pétition que je lui adresse au nom de mes confrères, parce que la reine-mère n'a rien à me refuser. Si lu a\ais vu, ma femme, comme elle m'a accueilli ce malin, et en quelle estime je suis auprès d'elle!...
MARTHE
Et qu'est-ce qu'il te reviendra de cela?
RATON
Ce qu'il m'en reviendra! tu parles bien comme une femme, comme une marchande de soie qui n'entend rien aux affaires... Ce
qu'il m'en reviendra] (il se lève, et sort de son comptoir) du Crédit, delà considération;... on devient un homme influent dans bon quartier, dans la ville, dans l'État;... on devient quelque chose, enfin.
■ABTHE.
Et tout cela pour être fournisseur breveté de la couronne ! il te faut des titres! tu n'as jamais eu d'autres rêves, d'autres désirs.
Il \ l<>\.
Laisse-moi doue tranquille... Il s'agit bien d'être fournisseur de
ironne !... ( A demi-voix. ) Il s'agit d'être prévôt des marchands,
1 1 i eut-être mémo bourgmestre de la \illc de Copenhague... Oui,
femme, oui, tout cela est po»ible,... avec la popularité dont je
jouis et la faveur de la cour.