TON
Je te crois, mon enfant; et, d'après les renseignements positifs que lu me donnes la , qu'est-ce qu'il faut faire ?
ÉRIC
L'ordre n'est pas encore signé , mais d'un instant à l'autre il peut l'être ; et ce qu'il y a de plus simple et de plus prudent , c'est de quitter sans bruit votre maison , de vous tenir caché pendant quelques jours
MARTHK.
Kt où cela?
I IUC.
Hors de la ville , chez quelque ami.
RATON , \ivcmcnt..
Chez MichHson , le marchand de draps... Ce n'est pas là qu'on ira me chercher... Un brave homme... inoffensif... qui ne se mêle de rien... que de son commerce.
MUlTIIE.
Vous voyez donc bien qu'il est bon quelquefois de se mêler de son commerce :
i MC , «l'un air suppliant.
Ehl manière...
MARTHE
Tu as raison ! j'ai tort ; ne songeons qu'à son départ.
i:ric.
Il n'y a pas le moindre danger ; mais n'importe , mon père , je VOUS accompagnerai.
i;vto\.
Non , il vaut mieux que tu restes ; car enfin, tantôt quand ils Viendront et qu'ils ne me trouveront plus, s'il y avait du bruit , du tumulte, lu imposerai a ces geni-Ià, tu veilleras à la sûreté de DOt magasine, et puis tu rassureras ta mère , qui e>t toute tremblante.
m un in .
Oui , mon tils , reste avec moi.
mme vous voudrai. (Apercevant Jean, qui descend L'escalier. Et
au fait , il suffira do Jean pour accompagner mon père jusque chez Michelson. Jean , tu vas sortir.
JEAN
Est-il possible ? quel bonheur ! Madame le permet ?
■4RTHE.
Sans doute ; tu sortiras avec ton maître.
JEAN
Oui , madame.
ÉRIC
Et tu ne le quitteras pas ?
JEAN
Oui , monsieur Éric.
RATON
Et surtout de la discrétion ; pas de bavardage, pas de curiosité.
JEAN
Oui, notre maître; il y a donc quelque chose?
RATON , à Jean , à demivoiv.
La cour et le ministère sont furieux contre moi ; on veut m'arréter, m incarcérer , m'emprisonner, peut-être pire...
JEAN
Ah bien, par exemple ! je voudrais bien voir cela! Il y aurait un fameux bruit dans le quartier , et vous m'y verriez , notre maître; vous verriez quel tapage ; madame m'entendra crier.
Taisez-vous , Jean , vous êtes trop vif.
MARTHE
Vous êtes un tapageur.
ÉRIC
Et du reste, la bonne volonté sera inutile ; car il n'y aura rien.
Jean, tristement et à paît.
Il n'y aura rien... Tant pis ! moi qui espérais déjà du bruit et des carreaux cas>és !
i: v ion , qui pendant ce temps a embrassé sa femme et son (ils. Adieu !... adieu !...
(Il tort avec Jean par la porte du fond; Marthe et Éric l'ont reconduit jns- <pi'a la porte de la boutique , et le suivent encore quelque temps J quand il est dam la me. )