ACTE I, SCÈNE V. H
! U.kE.NSklCLD, lui remettant la liste.
Tenez... Eh bieu ! qu'en dites-vous ?
i;v\TZu.
Je dis que je ne vois dans tout cela rien encore de bien positif. Tout le monde peut faire une liste de conjurés ; cela ne prouve pas qu'il y ait conspiration ! II faut en outre un but ; il faut un chef.
FALkENSklELD.
Et ne voyez-vous pas que le chef,... c'est la reine-mère, c'est Marie-Julie?
RVNT/Vl .
Hien ne le démontre; et à moins que le colonel... (appuyant) n'ait des preuves... positives,... personnelles...
kOLLER.
Non, monseigneur.
Iiantzu' , à part.
C'est bien heureux !... Voilà la première fois que cet imbécile-là m'a compris!
GOEEHER.
Alors cela devient très délicat.
IAOTKA1 •
- dis doute. ( Montrant la liste. ) Il y a là des gens de distinction , des gens de naissance... Les condamnerez-vous de confiance et sur parole , parce qu'il a plu à messieurs Ilerman et Christian de faire une confidence à monsieur Koller,... confidence, du reste, fort bien placée... Mais enfin, et monsieur le baron, qui connaît les lois , vous dira comme moi , que là ( avec intention ) où il n'y a point commencement d'exécution , il n'y a pas de coupables.
COEE!!l.lt.
C'est juste !
I \l Kl R8KIELD se lève virement , I\ant/.au en fait autant.
Eh bien !... laisaooi-leur exécuter leur complot... Que rien ne transpire, colonel, de l'aveu que vous venez de nous faire ; que rien ne soit chaogé a M repas , qu'il ait toujours lieu ; que des soldats soient cachés dans l'hôtel , dont les portes resteront ouvertes...
1ARTZA0 , I part.
Et allons donc !... on a bien tic la peine à lui faire arriver une idée-
1 \I kl \^KI! ! !>.
Et des qu'un des conjurés se présentera , qu'on le laisse entier,
Ijû BERTRAND ET RATON.
et qu'un instant après l'on s'en empare. Sa présence chez moi à une pareille heure , les armes dont il sera muni , seront , j'espère, des preuves irrécusables.
KV.YrZAl.
A la bonne heure !
GOELIIEK , avec finesse.
Je comprends votre idée. . . Mais maintenant que nous les tenons, si par malheur ils ne venaient pas?
RANTZ.U.
C'est qu'on aura trompé le colonel ; c'est qu'il n'y avait ni conjuration ni conjurés.
FALkENSklELD, haussant les épaules.
Laissez donc !
( Il va à la taule à gauche , et écrit pendant que koller remonte le théâtre, et se tient au milieu un peu au fond.)
RANTZAU , à part.
Et il n'y en aura pas ; faisons prévenir la reine-mère qu'ils aient à rester chez eux. Encore une conspiration tombée dans l'eau ! ( Regardant Koller. ) C'est lui qui les trahit , et c'est moi qui les sauve ! ( Haut. ) Adieu, messieurs, je retourne près de Struensée.
l Al.kENSKlELD , qui peudant ce temps s'est assis à la table, et écrit un ordre.
( a Galher. ) Cet ordre au gouverneur... ( A Rantzau.) Vous nous revenez,... je l'espère?
1!\M/Vl .
Je le crois bien ; je ne peux plus maintenant diner ailleurs que chez vous , j'y suis engagé d'honneur; je vais seulement rendre compte à son excellence de la belle conduite du colonel Koller ; car enfin, si ces braves gens-là ne sont pas arrêtés , ce n'est pas sa faute ;... il aura fait tout ce qu'il fallait pour cela , et on lui doit une récompense.
FALRENSKIEI.I).
Qu'il aura.
RANT/AE , avec intention.
8*8 y a une justice sur terre... Je m'en chargerais plutôt. kolleh , l'iaclUunt.
Monsieur le comte, quels rcmoirimenls...
| \\ 1/ VI , ;iv ce 1 1 n • 1 1 r i s .
Oui, vous m'en devriez peut-être, mais je vous en dispense.
(11 sort.)