BARRAI
Parce que l'arrêt me semble injuste, aussi bien que la détermination d'ôter à la cour suprême des privilèges que nous n'avons pas le droit de lui ravir.
FALKENSKIELD.
Monsieur!...
RANTZAL.
C'est mon avis, du moins. Je désapprouve toutes ces mesures ; elles sont contre ma conscience, et je ne signerai pas.
1 U.kl NSklF.LD.
C'était devant le conseil qu'il fallait vous exprimer ainsi.
KA.MZM .
C'est tout haut, c'est partout qu'il faut protester contre l'injustice !
G0EUIIR.
Dans ces cas-là, monsieur, on donne sa démissiou.
I WTZAU.
Je ne le pouvais pas hier : vous étiez en danger, vous étiez menacés ; aujourd'hui vous êtes tout-puissants , rien ne vous résiste ; je peux me retirer sans lâcheté; et cette démission, que M. Gœlher attend avec tant d'impatience , je la donne.
1 M. Kl NbklELD.
Je la transmettrai à la reine , qui l'acceptera.
GOSLHBB.
Nous l'accepterons.
I Al.M'NSklI.LD.
Messieurs, vous m'avez entendu... Vous pouvez vous retirer.
LE I'l;l U1H NT, a Kaulzau.
Nom n'attendions pas moins de vous, monsieur le comte, et le pays vous eu remercie.
(Il sort, ainsi que les conseillers.) I M Kl \>MU.I>.
Je vais rendre compte à la reine et à Struensée d'une conduite à laquelle j'étaii loin de n'attendre.
RANTZVE.
Mais qui vous enchante.
FALRENSK1ELD, sortant.
Vous me suivez , Gœlher ?
GOELHER.
Dans l'instant. ( Rapprochant de Rantzau d'un air railleur. ) Je voulais auparavant...
RANTZU.
Me remercier?... Il n'y a pas de quoi... Vous voilà ministre.
GOELHER.
Je l'aurais été sans cela. (Lui montrant les papiers qu'il tient encore à
la main.) J'avais pris mes précautions. Je vous avais bien dit que je vous renverserais !
RANTZU", souriant.
C'est vrai! Alors, que je ne vous retienne pas; hâtez-vous, ministre d'un jour !
GOELHER, souriant.
Ministre d'un jour !
RANTZAU
Qui sait?... peut-être moins encore. Aussi je serais désolé de vous faire perdre quelques instants de pouvoir; ils sont trop précieux!
GOELHER.
Gomme vous dites.
(Il salue la reine respectueusement, et sort.)