‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 191 sur 639 · ACTE V, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE

l 'ALKENsMELD.

Certainement! que n'aurait-on pas dit de votre absence !... C'ctt déjà bien assez qu'hier, lorsqu'on a arrêté chez moi ce jeune homme, tout le monde ait pu remarquer votre trouble et votre effroi... Ne fallait-il pas donner à penser que vos chagrins vous empêchaient de paraître à cette fête ?

chiustim .

Mon père !

FALKFNSKIEID, reprenant d'un air detaclie.

Qui, du reste, était superbe... Une magnificence ! un éclat! et quelle foule dorée se pressait dans ces immenses salons:... Je ne veux pas d'autres prouves de raffermissement de notre pouvoir; nous avons enfin (ixé la fortune, et jamais, je crois , la reine n'a- \ ii( été plus séduisante; on voyait rayonner un air de triomphe et de plaisir dans ses beaux yeux , qu'elle reportait sans cesse sur Struensée... Eh mais! a propos d'homme heureux, avez-vous remarqué le baron de Gœlber?

GMuenni

Non , monsieur.

i iluhsuhu».

Comment, non .'Il a ouvert le bal avec la reine et paraissait plus lier encore de cette distinction que de >a nouvelle dignité de ministre; car il a été nommé... Il succède décidément à M. de Ranlzau , qui , en habile homme , nous quitte et s'en va quand la fortune

arrive.

CBtusm

Tout le monde n'agit pas ainsi.

I w M NSMELD.

Oui ,... il a toujours tenu à se singulariser; aussi nous ne lui en voulons pas ; qu'il se relire , qu'il fasse place à d'autres : son temps e»t fini, et la reine, qui craint son esprit,... a été enchaulée de lui donner pour successeur...

cm.i-iiM Quelqu'un qu'elle ne craint pat.

i \i ki \nkii i.n.

Justement ! un aimable et beau cavalier comme mon gendre.

cuni>iiM\ Votre gendi

i vi.ki VsKii.i i), d'une air seM-re, et regardant Cbrutinu Sans doute.

CHRISTINE, timidement.

Demain, mon père, je vous parlerai au sujet de M. de Gœlher.

1 W Kl R8&IELD.

El pourquoi pas sur-le-champ?

tuniMiM .

11 est tard, la nuit est bien avancée,... et puis, je ne suis pas encore assez remise de l'émotion que j'ai éprouvée.

I \l M \>KIEI.D.

Mais cette émotion , quelle en était la cause ?

CBBISTIIfE.

Oh ! pour cela , je puis vous le dire. Jamais je ne m'étais trouvée plus seule, plus isolée, qu'au milieu de cette fête; et, envoyant le plaisir qui brillait dans tous les yeux , cette foule si joyeuse, si animée , je ne pouvais croire qu'à quelques pas de là, peut-être , infortunés gémissaient dans les fers... Pardon , mon père, c'était plus fort que moi : cette idée-là me poursuivait sans cesse. Quand M. d'Osten s'est approché de Struensée, qui était pies de moi , et lui a parlé à voix basse, je n'entendais pas ce qu'il disait; mais Struensée témoignait de l'impatience; et, voyant la reine qui venait à lui , il s'est levé en disant : « C'est inutile , monsieur, ja- «■ mais de pitié pour les crimes de haute trahison, ne l'oubliez ■< pas. » Le comte s'est incliné, puis, regardant la reine et Struensée, il a dit : « Je ne l'oublierai pas, monseigneur, et bientôt, peut- •< être, je vous le rappellerai. »

I U.hl.YSMKLD.

Quelle audace !

CHRI8T1KE.

< t incident avait rassemblé quelques personnes autour de nous,

et j'entendais confusément murmurer ces mots : « Le ministre

raison; il faut un exemple... — Soit, disaient les autres,

« mais le condamner a mort !... •< Le condamner ! ! ! à ce mot un

froi I mortel s'est glissé dans mes veines; un voile a couvert mes

yeux ;..• j'ai senti que ! i force m'abandonnait

i \i M NS&II n».

un naameot j'étais là , près de toi.

< lllilsliM .

Oui, c'était une terreur absurde , chimérique, je le sens; mais

que VOUlex-VOUS? Renfermée aujourd'hui dans mon appartement,

je n'avais vu ni interrogé personne... U est un nom, vous le ia<

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