‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 204 sur 639 · ACTE V, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE X

JEAN

Oui, notre maître. ( Criant. ) Vive Burkenstaff !

RATON, avec satisfaction.

C'est bien, mes amis ; mais du silence. ( Lisant.) « Nous, Chris* «v tian VII, roi de Danemark, à nos fidèles sujets et habitants de « Copenhague. Après avoir puni la trahison, il nous reste à ré- « compenser la fidélité dans la personne du comte Bertrand de « Rantzau, que, sous la régence de notre mère, la reine Marie-Ju- « lie, nous nommons notre premier ministre...

RANTZAU, d'un air modeste.

Moi, qui ai demandé ma retraite, et qui veux me retirer des affaires...

RATO\ sévèrement.

Vous ne le pouvez pas, monsieur le comte; le roi l'ordonne, il faut obéir... Laissez-moi achever , de grâce! (Continuante lire. ) « Dans la personne du comte de Rantzau, que nous nommons pre- « mier ministre, ( avec emphase ) et dans celle de Raton de Burkens- « taff, négociant de Copenhague, que nous nommons dans notre « maison royale, (baissant la voix) premier marchand de soieries de « la couronne. »

TOUS

Vive le roi !

JEAN

C'est superbe ! nous aurons les armes royales sur notre boutique.

RATON, faisant la grimace.

La belle avance ! et au prix que ça me coûte !

JEAN

Et moi, la petite place que vous m'aviez promise...?

RATON

Laisse-moi tranquille!

Jean, a ses compagnons.

Quelle ingratitude ! . . . moi qui suis cause de tout ! . . . aussi il me le payera !

RANTZAU

Puisque le roi l'exige, il faut bien s'y soumettre, messieurs, et harger d'un fardeau qu'allégera, je l'espère, (aux magistrats) l'affection de mes concitoyens. (A Kric. ) Pour vous, mon jeune officier, qui dans cette occasion avez couru les plus grands risques,... on vous doit quelque récompense.

RERTRAND ET RATON.

ÉRIC, avec franchise.

Aucune; car je puis le dire maintenant à vous, à vous seul... ( A dcmi-\oix. ) Je n'ai jamais conspiré !

li VMZ Vl , lui imposant silence.

C'est bien ! c'est bien! voilà de ces choses qu'on ne dit jamais... après.

RATON, à |)jrt. tristement.

Fournisseur de la cour !

HAftTBB.

Tu dois être content,... c'est ce que tu désirais.

RATON

Je l'étais déjà par le fait, excepté que je fournissais deux remes, et qu'en en renvoyant une, je perds la moitié de ma clientèle.

■ARTHE.

El tu as risqué ta fortune, ton existence, celle de ton fils, qui est blessé... dangereusement peut être,... et pourquoi?

raton, montrant Rantzau et Koller.

Pour que d'autres en profitent.

■AfltHËi

Faites donc des conspirations!

RATON, lui tendant la main.

C'est dit,... désormais je les regarderai passer, et le diable m'emporte si je m'en mêle!

TOIT LE PEUPLE, entourant Rantzau et s'inclinaut devant lui.

Vive le comte de Rantzau !

COMÉDIE EN CINQ ACTES ET SB PROSn,

Représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre-Français,

le 27 novembre i834.

PERSONNAGES

GEORGE II, roi d'Angleterre. M l ROROUG. vieux médecin.

BOBEBT W AI I'()[ !.. son premier u.i- M kRGUERITE. sa fille.

nistre. CECILE, fille du comte de Sunderland, he.nri SHORTfcR, son neveu. lectrice de la reine.

La scène se passe en i:36,- le prt micr artr ri , - */< iiboroug, les quatre «vires au château de If indsor.

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