‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 207 sur 639 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

de rester fille !... Toi une vieille fille!... J'ai si souvent rêvé à ton mariage, qui m'occupe sans cesse, à ce gendre que je n'ai pas encore trouvé et que j'aime déjà , à mes petits-enfants à qui je serais si heureux d'obéir aussi... sans le faire de tort cependant... El puis, Marguerite, à ton Age on ne réfléchit guère, et tu n'as jamais pensé que nous n'étions pas riches,... que même nous sommes pauvres !

MARGUERITE

Et en quoi donc? Que nous manque-t-il dans notre ménage? qu'avons-nous à désirer?

Ml tO&OUG , se levant.

Pour moi , je n'ai pas d'ambition , tu le sais bien ; mais j'en ai pour toi. Tous ceux avec qui j'ai été élevé , tous mes camarades de l'université de Cambridge, ont fait fortune dans le monde : ce sont maintenant de riches négociants, des lords, des généraux , des ministres; moi, je suis resté médecin dans la petite ville ou était né mon père : j'ai vieilli au milieu de ses habitants, ne leur servant pas à grand'chose, si ce n'est à les faire vivre le plus longtemps possible, jusqu'au moment où tu es devenue grande , où il a fallu s'occuper de ton éducation ; alors et depuis cinq ans je suis venu m'elablir à Londres , dans ce quartier retiré où je me suis fait une petite clientèle... dans les étages élevés , des ouvriers, des étudiants, de pauvres officiera,... des braves gens qui ont été mes malades et qui sont restés mes amis ;... car , vois-tu , le cinquième étage, ça aime bien , mais ca paye mal ; ce qui fait, mon enfant, que pour t'amasser une dot, il a fallu recourir à ma plume et composer de temps en temps quelques brochures politiques qui, Dieu merci, se vendent assez bien. Mais si d'un jour à l'autre j'allais rejoindre ta pauvre mère , si je venais à mourir...

■ VRCl'EIUTE, lui mettant la main sur la bouche.

Ah!... voilà à quoi je n'avais jamais pensé... ( D'un air fàclié. ) Et pourquoi me dites-vous cela?

M ICOROIC.

Marguerite !

MARGl 1 l.ii F , pKur.int.

C'est la première fois que vous me faites du chagrin , et jamais je ne vous ai vu si méchant... Aller songer à mourir... maintenant...

mi i.ttuoi i. , cherchait à l'apaiser.

El) bien!... Non,... non,... ne me gronde pas ;... je ne mourrai

MARGUERITE

A la bonne heure!... qu'est-ce que c'est donc que des idées pareille

NEUBOROÙG.

C'est ta faute aussi!... malgré moi je me laisse aller à la tristesse...

MARGUERITE

Quand donc ?

M i BOROUG.

Quand jeté vois triste. Tu l'étais dernièrement, et je médisais : Qui peut la tourmenter ? ce n'est pas moi ; il y a donc quelque secret qu'elle me cache , quelque peine de cœur...

MARGUERITE

NEUBOROIG.

Dame ! à ton Age, ce serait tout naturel !... tu ferais bien, mon enfant, tu aurais raison ;... mais dans ce cas-là il faudrait me le dire,.. . car je ne le devinerais pas.

MARGUERITE

Oh! certainement... )v vous le dirais... si ça venait et si j'en ••tais bien sûre,... mais vraiment, mon père, je ne crois pas.

m rnouoi r..

le me suis donc trompé >

KARG1 I lilTE.

Sans doute

mi BOBO! I , froidement.

I i M m'étonne pas : nous autres médecins , ca nous arrive sou- \ent... Ainsi pour ce pauvre Thomas Kinston, le résultat de notre conférence est que. . .

MARGUERITE, d'ilfl air etrMMOb

II ne faul plus y penser.

m i BOROI Q , itm bonhomie.

A la bonne heure ; n'y pensons plus. El qu'est-ce «pie je lui dirai en le refusanl .J...

M\i:i.l I BIT) •

Tout ce que roua voudrez.

| l litre un domestique qui apporte sur no plateau toul ce qu'il faut poor

U thé. )

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