‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 246 sur 639 · ACTE II, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XII

venir à toi, le roi m'a d'abord parlé de mon élection ; et quand il a su que mon intention était de refuser... — Je ne le veux pas , s'esti! écrié, je ne le veux pas ! Il nous faut à la Chambre des gens de talent, et surtout dhonnètes gens... A ce double titre... vous resterez,... je l'exige... pour moi et pour vous ;... car un ami de Vfalpole peut arriver a tout, peut tout obtenir de moi. A ce mot, il m'est arrivé une inspiration, une idée d'en haut!... celle de m'immoler pour toi... Eh bien, Sire, lui ai-je dit, vous le voulez,... j'accepte ;... mais en revanche j'implore une faveur de Voire Mnjesté. — Laquelle? parlez!— Et alors, soit que l'amitié m'inspirât , soit que déjà je me crusse à la tribune, j'ai été content de moi, j'ai été éloquent ;... jelui ai peint avec chaleur mes craintes, mes inquiétudes sur l'état de ta santé... Je l'ai vu ému,... entraîné, et je me suis écrié : Puisque vous l'aimez, ce fidèle serviteur, vous ne voudrez pas l'immoler ; vous ne voudrez pas sa mort : je vous réponds, moi, médecin, qu'il y va de sa vie!... Oui, mon ami, je l'ai dit, il y va de sa vie, s'il ne quitte pas les affaires, si vous n'acceptez pas la démission qu'il vous a offerte depuis si longtemps!

\v U.POLE , avec anxiété.

Eh bien!... eh bien!... le roiarefu>é?

M i BOHOI '. , avec enthousiasme.

Du tout!... il conseut!...

\\ AI. l'OLE, stupéfait.

Que dis-tu?...

M ( DOBOOGj tirant un papier de sa poche.

Tiens! lis!... Écrit de sa main royale!

a\ u l'oi.i:, prenant le papier a\ec émotion. ( Lisant. )

« Vous le voulez, vos amis le veulent, il y va, dit-on, de votre « santé et do \otre existence, j'accepte à regret la démission que « vous m'offrez. »

M inOROLG et III MU.

Ouel bonheur !

WALPOLE, continuant de lire.

« Je n'y mets qu'une condition, c'est qu'avant de vous retirer, « vous me désignerez vous-même votre successeur et formerez le « nouveau ministère qui doit vous succéder. »

Ah ! je ne sais ce que j'éprouve.

IIINRI.

Le saisissement...

; r.OROiG.

La surprise...

WALPOLE

Oui, la joie,... une joie imprévue !... Me voilà donc libre!... me voilà heureux!.. Cela produit un singulier effet...

NEUBOROUG.

Quand on n'en a pas l'habitude, ... et j'ai eu tort de t'annoncer ainsi sans ménagements,... sans préparations... Que veux-tu? j'étais si enchanté!... Mais ce ne sera rien,... mon ami, ce ne sera rien!... la joie n'a jamais fait de mal,... Et j'espère que tues content... que tu me remercies...

"WALPOLE

Oui, mon ami !... oui, certainement... mais lu es sûr que le roi ne m'en voudra pas?

NEUBOROUG.

En aucune façon ,... puisqu'il te charge de nommer ton successeur et de former toi-même le nouveau ministère.

AVALPOLE.

C'est vrai !

NEUBOROUG.

Nous pouvons maintenant nous renfermer dans ta résidence de Strawberry-Ilill, rêver sous ses beaux ombrages, au bord de ses eaux jaillissantes... Nous pouvons partir sur-le-champ...

WALPOLE

Tas aujourd'hui! il y a conseil...

NEUBOROUG.

Tu n'y as plus que faire,... tu n'as plus de conseil, plus d'ennui.

A\ ILPOLE.

Ah! oui, c'est vrai!... Henri, tu diras alors à l'envoyé de Hano- \ re, à qui je n'avais pu donner audience , que je suis prêt à le receyoir... Je l'attendrai.

NEUROROUC.

Mais ça ne to regarde plus,... tu n'as plus besoin de t'inquiéler de ( cl.i,... ta matinée est libre...

\\ \l lui I

C'est vrai; lu m raison.... Alors, qu'est-ce que je vais faire?...

M i BOROl '..

Déjeuner d'abord ,... c'est l'essentiel.

w \i PO] L Ah ! c'est que je n'ai plus faim !

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