‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 294 sur 639 · HENRI, WALPOLE · texte numérisé non relu

HENRI, WALPOLE

lir.NRI, après un instant de silerce, et voyant Walpole qui détourne les vcu\.

Je ne puis ajouter fui à ce qu'il vient de nous dire;... j'aimai compris, ou il est dans l'erreur. Vous, mon oncle! vous m'auriez desservi!... ce n'est pas possible;... dites-le moi;... et c'est vous seul que je veux croire.

Non ; ... il t'a dit la vérité !

HENRI

Grand Dieu!...

WALPOLE

A quoi bon feindre avec toi? Je t'aimais ce matin, tu (n'étais cher; tu te tenais à l'écart du pouvoir et de la fortune, j'ai été te chercher, je t'ai pris par la main pour l'y amener. Ce poste si brillant et si dangereux que j'abandonnais, cette place objet de tous les vœux, c'est moi qui te l'ai fait obtenir, c'est moi qui te l'ai donnée !...

HENRI

C'est vrai...

WU.P0LE.

Eh bien , dès que je l'ai vue entre tes mains, je ne peux dire ce que j'ai éprouvé ;... mon amitié s'est retirée de toi à mesure que le pouvoir l'arrivait ;... c'est un sentiment que je ne pouvais ni maîtriser ni vaincre... J'étais jaloux!... Vois-tu, Henri, la faveur du prince est un de ces biens qu'on ne peut partager; o'esl comme CM objet! il»- notre amour qu'on ne veut pas voira d'autres, même quand on les dédaigne ou qu'on les abandonne I Céderais-tu la maltresse à ton meilleur ami, a ton frère?... Non!... tu le haïrais!... G'estce que j'ai fait,... tu m'étais devenu odieux !.. .

■Emu,

Est-il possible !

w \i POU . itéc exaltation.

Oui, tant que je serai vivant, nul ne portera la main sur mon bien, sur ceUe autorité acquise par trente ans de travaux et de tourments .... Elle m'a coûté trop cher pour ne pas la défendre ; H quiconque se présenterait comme obstacle mu- ma route, quiconque, ami ou ennemi, voudrait arrêter le char de ma fortune, brisé par lui!...

ACTi; V, SCL\'E IV. 287

mu,

Grand Dieu!

H VI. POLE, revenant I lui.

Ah!... je t'effraye;... tu doutes de ce que tu entends, tu ne peux concevoir la violence d'une passion qui, loin de s'amortir avec Page, prend chaque joui de nouvel! Mais cette passion est

la seule que j'aie éprouvée,... je n'eu ai jamais eu d'autres ; laissela moi, ne me l'envie pas : eU« rend m malheureux! Jamais je n'ai connu comme toi les illusions d \ la tendresse,... jamais l'amour d'une femme n'a fait battre mon cœur,... on ne m'a jamais aimé,... je n'ai aimé personne!...

m MU.

Mon pauvre oncle ! . . .

Ah ! tu me hais !

Non;... je vous plains !

\\ \ia*0Li..

IIF.MU.

\\ M lui i .

El lu as raison ;... car dès que j'ai abattu à mes pieds l'ennemi qui me résistait,... semblable au soldat dont la colère s'éteint quand le combat est (ini, mon ressentiment tombe avec celui qui l'avait fait naitre. J'ai honte de i.ioi,... je rougis de ma frénésie,... je m'en veux de mon triomphe que je cherche à expier!... Toi, par exemple,. . à peioe ren\ • rsé, je t'ai tendu la main; je t'ai rendu mon amitié, j'ai couru te défendre auprès du prince;... j'aurais bravé pour toi sa vengeance, sa colère, Ba disgrâce peut-être I car je t'aime maintenant, tu es redevenu mon lils, mon neveu bien aimé ! Demande-moi ma loi tune, mon sang,... je te les donne; mais le pouvoir!... je ressayerais en vain , c'est au-dessus de mes lm Et tiens, ce Neuboroug, ce vieil ami,... si honnête homme,... si peu redoutable,... eh bien ! d» Dent, j'ai beau me raisonner cl

me combattre,... je ne 1 atone plus... Que dis-j< .'... tout a l'heure, pendant qu'il me parlait,... j'épn avais contre lui des mouvements de jalousie et de haine ; cette intimité, celle confiance dont le roi l'honore,... tout cela le rend mon ennemi mortel !... et malgré moi, dans <<• moment, je cherche déjà en mon esprit k - moj eus île le renverseï rt Henri qui fait un jette d'étonnement.) Tais-toi, le

voici '.

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