ACTE III, SCENE III
zoÉ,à part, l'observant.
Je ne oie trompais pas ,... elle l'a aimé...
CLSAIU.NE.
Sesjourssonten danger!...
ZOÉ , la regardant en face.
Je lésais, moi qui ne suis pour lui qu'une sœur et qu'une amie,.;, et vous l'ignorez, vous qu'il aime et qu'il a toujours aimée...
CÉSARINE, troublée.
Moi!
ZOÉ , Mveinent à part .
Elle l'aime encore...
' i lAMNft, se remettant peu à peu de son émotion.
Vous n'y pensez pas ; et vous me dites là, Zoé, des choses impossibles. Lui qui depuis un an semble m'éviter et me fuir, lui qui ne cache pas sa haine , lui qui , même en ma présence, ne peut s'empêcher de me témoigner par ses regards toute son aversion.
ZOÉ
Eh , mon Dieu, oui ! tout cela est vrai; mais faut-il que ce soit moi , qui n'ai ni votre tact ni votre esprit, qui vous apprenne ce que peuvent chez un jeune homme l'amour-propre blessé, la perte de toutes ses espéranees , et le dépit et la jalousie auxquels , depuis un an , il est en proie. . . Oui , madame , depuis un au , depuis votre mariage ;... et vous ne voulez pas qu'il vous évite , vous ne \oulcz pas qu'il vous déteste !... 11 vous aimait ; et par raison, par ambition peut-être , vous vous donnez à un autre , ce qui était bien mal!... Mais, pardon! je ne dois vous parler que de lui, qui , trop fier pour se plaindre , trop malheureux pour se consoler, n'a pris que moi pour confidente de ses chagrins, et qui, perdant enfin toute illusion et tout espoir, a résolu aujourd'hui de mettre, fin à >es tourments et à ses jours. Tenez, vous connaissez son écriture : lisez !
Cl SABINE, lisant la lettre que Zoe \ieut de lui donner.
0 ciel !... Ce n'est pas croyable!... Comment!... il m'aimait saus me le dire.'...
ioé.
Lui !... il ne vous le dira jamais; il mourra plutôt que de \ou^ l'avouer. De ce côté-là, rassurez-vous.
Q -vr.lM:, lui tendant la lettre.
N'importe; je suis fâchée que nous m'ayez donné cette lettre.