‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 39 sur 639 · ACTE II, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE X

l'OLICM.

Où est-il? où l'as-tu laissé ?

OLIVll.L.

Dans son cabriolet. Il est maintenant bien loiu , et ne reviendra pas avant deux ou trois heures.

POLlbM.

0 ciel ! attendre jusque-là !

OLIVIER

Peut-être davantage. Il court chez tous les banquiers de Paris pour une opération de trois pour cent où je n'ai rien compris , et dans laquelle il veut le mettre pour commencer ta fortune; car il m'a tout raconté: je sais ta nouvelle dignité , et je suis tout fier de pouvoir tutoyer un agent de change. Mais c'est un autre sujet qui m'amène , un motif bien plus important.

polk;m.

Qu'est-ce donc? comme tu es ému !

olivii ii.

Est-il vrai , comme me l'a assuré M. Dorbeval , que madame de Brienne soit de retour à Paris , et qu'elle soit ici , dans cet hôtel?

POI.K.M

Oui , sans doute.

OLIVIER

.l'osais à peine y croire. Elle est libre?

PQLIGlfl.

Certainement.

OLIVIER

Ah , mon ami ! je suis le plus heureux des hommes !

l'OLIGM.

Ociel! tu l'aimerais !

Ol.lMl i;.

Depuis cinq ans je ne fais pas autre chose.

KM IGRI.

Ht tu ue m'en avais rien dit.

OUI il i;.

Ni à elle non plus ; j'aurais voulu me le cacher à moi-même... La femme de mon bienfaiteur, de celui à qui je devais tout!... Mais aujourd'hui elle est libre, je prU\ parler; malheureusement, je n'ose pas , je n'oserai jamais si lu ne m'aides un peu.

iO LE MARIAGE D'ARGENT.

l'OLIGM.

Moi ?

OLIVIER

Oui; j'avais compté sur toi. Je sais que vous avez été élevés ensemble , que tu as son estime , sa confiance ; si tu veux parler pour moi... Mon ami, je t'en prie, rends-moi ce service.

l'OLIGM, à part.

Il ne me manquait plus que ce malheur-là !...Et Dorheval, qui ne revient pas , qui me fait mourir... Mais pourquoi l'attendre?... Si j'allais moi-même chez ce Lajaunais?... Oui, c'est avec lui que j'ai traité , c'est avec lui que je peux rompre.

OLIVIER

Eh bien , tu te consultes, tu ne me réponds pas.

polk.m.

Eh, morbleu ! pourquoi ne parles-tu pas toi-même ? qui l'en empêche? Ce n'est pas moi... Mais, pardon, tu as tes affaires, j'ai les miennes, et je n'ai pas de temps à perdre. Adieu.

(11 sort par le fond. )

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