‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 4 sur 639 · OUV1EB · texte numérisé non relu

OUV1EB

Puisque tu as équipage... Tiens, conviens-en franchement : si, au lieu d'habiter cette rue Saint-Jacques (pic tu me reproches, ce modeste quartier où s'éleva notre enfance, je possédais, comme notre camarade Dorbeval, un bel hôtel à la Chaussée-d'Anlis), tes occupations te laisseraient quelques moments pour me voir.

POUGNI. *

Quelle idée ! tu pourrais le supposer?

ouvra.

Je ne t'en lais point de reproches; je n'accuse point ton amitié, sur laquelle je compte, et que je trouverais toujours au besoin, je

le sais; mais c'est la faute de ton caractère, qui a toujours été ainsi : tu aimes tout ce qui brille, tout ce qui éblouit les yeux. Ainsi, en sortant du collège, tu t'es fait militaire, parce qu'alors c'était l'état à la modo, l'état sur lequel tous les regards étaient fixés. En vain je te représentais les dangers que tu allais courir, un avenir incertain : lu ne voyais rien (pie l'épaulcttc en perspective, et les factionnaires qui te porteraient les armes quant tu entrerais aux Tuileries. C'est pour un pareil motif que vingt fois tu as exposé ta vie, sans penser aux amis qui auraient pleuré ta perte. Depuis , la scène a changé : aux prestiges delà gloire ont succédé ceux de la fortune. Les altesses financières brillent maintenant au premier rang ; les gens riches sont des puissances, et leur éclat n'a pas manqué de te séduire. Ne pouvant être comme eux , tu cherches du moins à t'en rapprocher; tu ne te plais que dans leur société; tu es fier de les connaître ; et souvent, je l'ai remarqué, quand nous nous promenions ensemble , un ami à pied qui te donnait une poignée de main te faisait moins de plaisir qu'un indifférent qui te saluait en voiture.

pour. m.

Voilà, par exemple, ce dont je ne conviendrai jamais. Permis à toi de douter de tout, excepté de mon cœur ; à cela près, j'avouerai mes faiblesses, mes ridicules, ce désir de fortune qui me poursuit sans cesse; non que je sois avide, car j'aimerais mieux donner que recevoir, et je n'ambitionne dans les richesses que le bonheur de les dépenser ; mais ces torts ne sont pas les miens , ce sont ceux du temps OÙ nous vivons. Dans ce siècle d'argent, ceux qui en ont sonl l<s heureux du siècle, et, sans aller plus loin, jeté citerai notre ami Dorbeval, que j'aime de tout mon cœur, mais qui au collége n'a jamais été un génie, qui était même le moins fort de nous troi-.

OLH 1ER.

Tut'abuseï but son compte; Dorbeval est très-fin, très-adroit, ri m- manque, quand il If faut, ni de talent ni d'éloquence; c'est plus 'i1'1' del'esprit, c'esteeluides affaires, et tu vois où en sont

MiliUCS.

POI IGHI.

aussi] el cesl où j'en voulais venir, tu vois l'estime dont il jouit, bommagei qui l'environnent ! A qui les doit il? A 100 opulence;

-t de droit, c'est l'us&ge; cl, dans les sociétés brillantes où jo

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