SCÈNE PREMIÈRE
mvi.yme DORBEVAL; HERMANCE, entrant du fond.
IIERS1ANCE.
Oui , ma cousine , c'est comme je vous le dis , c'est votre mari , c'est mon tuteur lui-même qui vient de me l'annoncer : je vais me marier.
MADAME DORBEVAL.
Je t'avoue que je ne m'y attendais pas.
III KM VNCE.
Ni moi non plus. Aussi cela produit un singulier effet.
MADVMI DOfen 1 \r..
Tu as donc commencé enfin à réfléchir ?
IIIUMW
J'ai commencé par être enchantée. Jugez donc : moi, qui ai à peine di\-huit ans , c'est charni tut ; je serai mariée avant Victorine et Louise, mes amies de pension , qui sont presque majeures et qui ont de plus belles dots que moi ! Aussi, vous sentez bien que j'ai accepté sur-le-champ.
MADAME DORBEVAI .
Et tu sais quelle est la personne...
m RMANCE.
Oh , oui ! je l'ai demandé tout de suite après.
MADAME DORBFAAI..
Tu connais son esprit , son humeur, son caractère ?
HERMANCE
Oui, ma cousine : il est agent de change; il vient d'acheter la charge de monsieur Lajaunais , celui qui donnait de si beaux bals.
MADAME DORREVAL.
Monsieur Lajaunais?
HERMANCE
Je sens bien que, d'abord, nous ne pourrons pas faire comme lui ; car nous n'aurons que trente ou quarante mille francs par an. C'est exister, mais il faut être bien raisonnable. Je ne donnerai que trois bals dans l'hiver, et nous n'aurons point de loges aux Bouffes la première année. Que voulez-vous? on vit de privations , quitte à s'en dédommager plus tard.
MA&AME DORBEVAL.
Et ton futur?
HERMANCE
Oh ! si vous saviez comme cela se rencontre! c'est un bonheur admirable! Moi je voulais un établissement, ce qu'on appelle un mari ; et il se trouve que j'épouse quelqu'un qui me convient trèsbien , un homme charmant , très-aimable.
M kBAME DOltBEYAL.
J'entends : c'est déjà une inclination!
HERMANCE
lue inclination! oh non! Ce n'est peut-être pas celui-là que j'aurais préféré. Mais il ne faut pas y penser; on ne peut pas tout avoir.
I LBAMB DOKBBTAL.
Tu as raison, et pourvu qu'il te rende heureuse...
REBMANI i
S'il nie rendra heureuse ! Mais j'y compte bien. Savez-vous que j'ai cinq cent mille francs de dot , et qu'il n'a rien que sa charge; ce qui est un grand a\ antage , parce qu'il n'aura rien h me refuser ; il sera obligé de faire toutes mes volontés , ou , sans cela , dans le momie on crierait aux mauvais procédés, n'est il pas vrai .' Moi, d'abord , je le dirais partout.
MADAME DOBBI VU..
Voila déjà UO commencement de bon ménage! El le nom du