‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 74 sur 639 · LES PRÉCÉDENTS J OLIVIER · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENTS J OLIVIER

OLIVIER

Eh, mon Dieu ! qu'avez-vousdonc ? quels éclats de rire ! on vous entend du salon.

DORBEVAL, continuant de rire.

C'est ce Poligni qui est d'une folie , d'une gaieté !

Quoi ! même avant le mariage ?

DORBEVAL.

Et quand veux-tu donc que l'on rie , si ce n'est daus ce moment-là ? On jouit de son reste.

I'OUcm, cherchant à s'échauffer.

Oui, vraiment, je suis si heureux aujourd'hui ! de bons amis, une femme charmante, un diner... un dincr de ministre!... car tu y étais , Olivier ; mais tu n'as pas fait honneur comme nous au Champagne qu'il nous a prodigué. Ce cher Dorhcval , cet excellent ami ! je serais bien ingrat si je ne l'aimais pas !

imlUilWL.

Et moi donc !... Mais un bon diner ne doit jamais nuire aux affaires; au contraire, et je vais penser aux nôtres. Olivier, est-ce que tu ne prends pas de café .'

OUYNR.

Noo.

I>OIUïE> VI..

Et loi , l'oligni ? Cela fait bien , cela dissipe les fumées.

roi.n.M , MMiueut.

Non, non, Dieu m'en L'aide ' je mit m bien aiiiM 1

DORBEVAl .

Alors, je vais prendre le mien. ( A Poligai. ) Tu sais que dans uue demi-heure je t'attendrai là dans mon cabinet. ( il sort. )

POUGNI.

Oui , mon ami , oui , je n'y manquerai pas. SCÈNE III.

OLIVIER, POLIGNI.

OLIVIER

Ton mariage a donc toujours lieu ?

POLIGNI, affectant une grande gaiclc.

Oui , mon ami , oui, sans doute ; pourquoi me fais-tu celte question ?

OLIVIER

Oh ! pour rien. ( A part. ) Allons, madame de Brienne ne lui a pas encore parlé ; mais c'est elle que cela regarde.

POLtGM! , de même.

Et si tu faisais bien , tu suivrais mon exemple, tu ferais comme moi un bon mariage, un mariage d'inclination ; juge donc quelle brillante perspective! une grande fortune qui, chaque jour, peut s'augmenter encore ; de la considération, du crédit , le bonheur de recevoir mes amis, car vous viendrez tous ! Quelle ivresse! quelle suite de plaisirs ! Nous n'aurons pas le temps de réfléchir, et déjà , d'avance , je ne puis te dire à quel point je suis heureux !

OLIVIER

C'esl singulier, cela n'en a pas Pair ; le bonheur a un aspect plus

tranquille. Mais cet amour pour Ilermancc t'est donc venu bien subitement ?

POLIGItl.

Non , mon ami ; je l'aimais et depuis longtemps , mais sans oser l'avouera personne, parce que la disproportion de nos fortunes... Mais du reste une jeune personne charmante, qui joint aux traita les plus déduisants le caractère le plus heureux !

OLIVIl R.

Le caractère ! le caractère ! 11 y a quelque temps, cependant, lu

i irlais de sa légèreté , «le sa coquetterie.

POLIGNI.

Sfl Coquetterie! Eh mais! pas tant; je ne vois pas cela. Je te

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