IV RI [RI
Ainsi vous me blâmez d'être fidèle à Christian , à un roi malheureux ! Vous prétendez qu'on a tort quand on veut démasquer des traîtres!
SAKTZAI .
Et qu'on n'y réussit pas... Oui, madame. l\ hum. , av-c mystère.
El m je réussissais, pourrais-je compter sur votre aide, sur votre appui?
I; Wi/w , souriant.
Mon appui! à moi... qui en pareil cas, au contraire, réclamerais le votre.
LA REINE, avec foi
Il vous serait assuré, je vous le jure... M'en jurerez-vous autant , je ne dis pas avant , mais après le danger?
BAtlTXAI .
Vraiment!... Il \ en a donc?
LA il im .
Puis-je me (iera vous?
R.Wi/.U .
Eh mais!... il me semble que je possède déjà quelques secrets qui auraient pu perdre votre majesté, et que jamais...
Là REINE , vivement.
Je le sais. (A demi-voû. ) Vous avez ce soir chez le ministre de la guerre , le comte de Falk.ensk.ield , un grand diner où assisteront tous vos collègues?...
RAWHAl •
Oui , madame, et demain un grand bal où ils assisteront également. C'est ainsi que nous traitons les affaires. Je ne sais pas si le conseil marche, mais il danse beaucoup.
LA REINE , avec mystère.
Eh bien ! si vous m'en croyez , restez chez vous.
RANTZAU, la regardant avec linesse.
Ah! vous vous méfiez du diner,... il ne vaudra rien.
LA REINE
Oui... Que cela vous suffise.
RANTZAU, souriant.
Des demi-confidences ! Prenez garde ! je peux trahir quelquefois les secrets que je devine..., jamais ceux que l'on me confie.
LA REINE
Vous avez raison ; j'aime mieux tout vous dire. Des soldats qui me sont dévoués cerneront l'hôtel de Falkenskield , s'empareront de toutes les issues...
RANTZA1 , d'un air d'incrédulité.
D'eux-mêmes et sans chef?
i.\ REINE.
Koller les commande ; Koller, qui ne reçoit d'ordres que de moi , se précipitera avec eui dans les rues de Copenhague en criant : Les traîtres ne sont plus! vive le roi! vive Marie-Julie! De là nous marchons au palais, où, si vous nous secondez, le roi et les grands du royaume se déclarent pour nous, me proclament régente; et dès demain , c'est moi, ou plutôt c'est vous et Koller qui dicterez des lois au Danemark. Voilà mon plan, mes desseins; vous les connaissez j voulez-vous les partager?
RANTZA1 , froidement.
Non, madame; je veux même les ignorer entièrement! et je jure ici a votre majesté que, quoi qu'il arrive, les projets qu'elle vient de me confier mourront avec moi,