‹ Œuvres choisies de E. ScribeChapitre 146 sur 414 · ANTONINE , BONNEMAIN · texte numérisé non relu

ANTONINE , BONNEMAIN

BONNEMAIN, à part, en. entrant.

Et moi donc !... qu'est-ce que je suis ? je vous le demande.

ANTONINE , l'apercevant.

Ah! vous voilà, monsieur! vous êtes bien aimable, (Elle sen-c

dans son corset le billot qu'elle tenait à la main.) VOUS venez enfin me

chercher pour danser ; il est temps, au moment où la contredanse finit.

BONNEMAIN

Madame, il ne s'agit pas de cela. Quelle est , s'il vous plaît, cette lettre que vous venez de recevoir ?

ANTONINE , étonnée.

Comment!

BONNEMAIN

Oui , que je vous ai vue cacher avec tant de soin.

ANTONINE

Ah!... ce billet que m'a remis Frédéric?

BONNEMAIN , cachant sa colère.

Précisément... (A part.)Je ne sais comment m'y prendre... Quand on entre en ménage , et qu'on n'est pas encore fait aux explications conjugales... ( Haut.) Ma chère amie, ne pourrais-je pas savoir ce qu'il contient ?

ANTONINE , froidement.

Impossible , il n'est pas pour vous.

BONNEMAIN , toujours avec une colère concentrée.

Je m'en doute bien , mais n'importe , je voudrais le voir.

ANTONINE

Je voudrais le voir .'... Qu'est-ce que c'est que ce ton-là? Un jour comme celui-ci !... Sachez , monsieur, que je ne vous laisserai point prendre de mauvaises habitudes ; et puisque vous parlez ainsi , vous ne le verrez pas.

BONNEMAIN

Vous ne pensez pas , ma chère amie , que je pourrais l'exiger.

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