LES PRÉCÉDENTS; M. DE SAINT-ANDRÉ. M. DE SAINT-ANDRÉ
Eh bien ! vous ne l'avez pas trouvé ? mais , par bonheur, je me rappelle maintenant qu'en arrivant, il m'a dit qu'il venait de descendre à l'hôtel d'Espagne.
MADAME DE SAINT-ANDRÉ
C'est ici en face ; il faut y envoyer.
ANTONINE
Jules nous rendra ce service.
JILES.
Du tout , madame .
ANTON INT
Est-il peu obligeant !
M. DE SAINT-ANDRÉ
Eh bien , mon gendre , courez-y sur-le-champ.
BONNEMAIN
Celui-là est trop fort ; se moquer de moi à ce point !
168 LE PLUS BEAU JOUR DE Là VIE.
M. DE SAINT-ANDRÉ
Vous ne savez donc pas ce qui arrive? Frédéric était chez un négociant de Bordeaux , qui n'avait pas d'enfants.
ESTELLE
Et qui l'avait pris en amitié.
M. DE SAINT-ANDRÉ
Car, ce cher Frédéric , tout le monde l'aime.
MADAME DE SAINT-ANDRÉ et ANTONINE.
C'est hien vrai.
ESTELLE
Et en mourant il lui a laissé toute sa fortune.
M. DE SAINT-ANDRÉ
Cinquante mille livres de rente ; le voilà plus riche que vous.
BONNEMAIN
Eh bien , par exemple ! n'allez- vous pas lui donner votre fille ?
M. DE SAINT-ANDRÉ
Oui , sans doute.
BONNEMAIN
La tête n'y est plus ; et lui qui ce matin parlait de girouettes ! a-t-on jamais vu un beau-père l'être à ce point-là !
ESTELLE
Vous perdez là du temps , il est peut-être parti ; je vais envoyer
un domestique. (Elle sort parle fond.)
M. DE SAINT-ANDRÉ
Ou plutôt j'y vais moi-même, et je vous l'amène; ce sera encore plus dans les convenances. (H sort par le fond.)