SCÈNE VI. 1SD
MADAME DE MELCOLRT.
Comment ! il ne le veut pas ! il le faudra bien ; nous lui donnerons de la vogue malgré lui, et sans qu'il s'en doute.
DELMAR
Ce serait admirable !
MADAME DE MELCOLRT.
Et pourquoi pas, si vous me secondez?
RONDON.
Ce sera une conspiration.
MADAME DE MELCOLRT.
Air : Au temps heureux de la chevalerie. Oui, conspirons pour l'unir à sa belle.
DELMAR et RONDON'.
Nous sommes prêts.
MADAME DE MELCOLRT.
Marchons donc hardiment ; Et si le sort nous était infidèle,
(Montrant son aigrette.) Ralliez-vous à mon panache blanc.
DELMAR
Du Béarnais jadis c'était l'emblème.
MADAME DE MELCOLRT.
Avec raison je l'invoque en ces lieux : Notre entreprise est digne de lui même, Nous conspirons pour faire des heureux.
Ensemble.
Notre entreprise est digne de lui-même , Nous conspirons pour faire des heureux.
MADAME DE MELCOURT.
Il faut d'abord quelques articles de journaux.
DELMAR
Voici Rondon qui s'en chargera.
RONDON.
Certainement ; un médecin, ce n'est pas un confrère ; moi , je suis bon enfant : donne-moi des notes. (Il va s'asseoir à la table , et écrit.) « Le docteur Rémy...
DELMAR
Auteur d'un ouvrage sur le croup.
RON'DOX, écrivant.
« Le docteur Rémy, le sauveur de l'enfance, l'espoir des mè- «res de famille...
! DELMAR
Il fait tous les soirs un petit cours de physiologie.
RONDON.
Un petit cours! (Écrivant.) « C'est aujourd'hui que le célèbre « docteur Rémy termine son cours de physiologie. On comtnen- « cera à sept heures précises. Les voitures prendront la file au « coin de la rue Neuve-des-Mathurins , et sortiront par la rue « Joubert. »
Parfait! Dès qu'on promet de la foule, tout le monde y court. (il appelle.) John ! John ! tu iras à la préfecture demander deux gendarmes.