RONDOS
Cela n'est pas croyable !
RÉMY
Vous vous êtes mal adressé.
CERMONT.
Je me suis adressé atout le monde, et tous les libraires du Palais-Royal m'ont assuré qu'excepté la Campagne de Moscou de M. de Ségur, et les brochures de M. de Sthendal, il n'y avait pas un exemple d'une vogue pareille; c'était une rage, une furie; on s'arrachait les exemplaires; aujourd'hui surtout, il parait que la vente a pris un élan...
DELMAR
Et vous n'avez pas pu vous procurer...
GERMONT
Si, vraiment ; un seul, et le voilà ; c'est, je crois , le dernier ; et je l'ai payé quarante francs.
RÊMY.
Au lieu de deux francs ?
GERMONT
Oui, mon ami ; et encore le libraire ne voulait pas me le donner. Mais c'est l'ouvrage de mon gendre, lui ai-je dit; je veux l'avoir, je l'aurai, dùt-il m'en coûter cent écus. Votre gendre! m'a-t-il répondu en étant son chapeau. Vous êtes le beau-père du docteur Rémy? Monsieur, dites-lui de ma part que s'il veut dix mille francs de la seconde édition, je les ai à son service.
RÉMY
Il se pourrait !
DELMAR, à part.
Encore des compères.
RONDON.
C'est ça, voilà comme ils sont à Paris ! maintenant qu'il est lancé, je voudrais l'arrêter, que je ne pourrais pas !