‹ Œuvres choisies de E. ScribeChapitre 211 sur 414 · RIM'ILLE · texte numérisé non relu

RIM'ILLE

Oui, mon oncle.

M. DERVIÈRE.

Eh bien ! je la porte à six mille francs , à une condition , c'est que tu partiras aujourd'hui même ; et que d'ici à quelques années nous nous priverons mutuellement du plaisir de nous voir.

RINVILLE.

Comment! vous me renvoyez? vous mettez la nature à la porte.

M. DERVIÈRE.

Oui, mon garçon.

RISVILLE.

Air ; De sommeiller encor, ma chère.

Un parent !

M. DERVIÈRE.

C'est pour cela même.

RINVILLE.

Un neveu !

Cela m'est égal.

RIWILLE.

Je suis touché d'une façon extrême.

D'un accueil si patriarcal.

(A part.)

Comme prétendu l'on m'exile, Comme parent l'on me chasse déjà.

Il est vraiment fort diflicile

D'entrer dans cette maison-là.

Et puis-je savoir du moins?...

M. DERVIÈRE.

Je te crois homme d'honneur, et je veux bien t'achever ma confidence. Tu as élé élevé avec ma fille , et elle a conservé de toi un souvenir qui nuit à mes projets et renverse mes plus chères espérances ; car je voulais l'unir au fils d'un ancien ami , à M. de Rinville ! un brave et excellent jeune homme que je porle dans mon cœur; tu ne dois pas m'en vouloir.

RINVILLE.

Non , monsieur, non , il s'en faut. (A part.) C'est un excellent père que mon oncle.

M. DERVIÈRE.

Je voudrais imaginer quelque prétexte , quelque ruse , pour lui présenter ce jeune homme sans qu'elle s'en doutât.

RINVILLE, souriant.

Voyez-vous , eh bien ?

M. DERVIÈRE.

Mais j'ai besoin d'y penser à loisir, parce que je ne suis pas fort , je n'ai pas l'habitude de dissimuler avec ma fille ; si j'étais de quelque complot, elle le devinerait sur-le-champ.

RINVILLE, à part.

C'est bon à savoir.

H. DERVIÈRE.

Maintenant , tu connais ma position et la tienne ; pour que je lui présente ce jeune homme , pour qu'elle le voie , il faut d'abord que tu t'en ailles.

RINVILLE.

Cela me parait difficile.

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