‹ Œuvres choisies de E. ScribeChapitre 227 sur 414 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

EMMELINE , RLNVILLE.

EMMEIJHE.

Comment, monsieur, vous êtes eucore ici?

RINVILLE.

Je partais, mademoiselle, je venais prendre congé de vous.

EMMELINE

Vous avez bien fait ; car dès que mon père le veut !... vous devez lui obéir sans murmurer (soupirant), et moi aussi.

r.INYILLE.

Son ordre était inutile ; il eut suffi pour m'éloigner de la présence de M. de Rinville , de ce nouveau prétendu, que sans doute vous avez trouvé charmant , adorable.

EMMELINE

Là-dessus, monsieur, je n'ai pas de comptes à vous rendre. Comme c'est moi qui l'épouse , je suis la maîtresse de le trouver comme je veux.

RINVILLE.

Vous l'épousez sans l'aimer?

EMMELINE

Qui vous dit que je ne l'aime pas? Et quand ce serait ? eh bien : tant mieux; j'aurai plus de mérite.

RINVILLE.

Ainsi donc vous m'oubliez !

C'est vous qui avez commencé.

RINVILLE.

Dites plutôt que vous ne m'avez jamais aimé.

EMMELINE

Si , autrefois , un peu ; maintenant pas du tout.

RINVILLE.

C'est clair ; et comme je vois que tout est fini entre nous, que nous sommes brouillés à jamais , je vous rends cet anneau , que jadis j'ai reçu de vous.

EMMELINE

0 ciel ! quoi ! monsieur, vous ne l'aviez pas donné à une autre ? Oui, c'est bien lui; il l'avait conservé. Ah! que c'est mal à vous de m' avoir causé tant de chaarins !

RINYILLE.

Je suis bien coupable , sans doute.

EHMELINE.

Non , non , vous ne l'êtes plus , quoi que vous ayez fait , je ne vous en veux plus, je vous pardonne. Vous avez garde mon anneau , tout le reste n'est rien. Si tu savais , Charles , combien j'étais malheureuse ! j'éprouvais là un serrement de cœur, un malaise dont je ne puis me rendre compte ; et maintenant encore... DUO.

Air : Redites-moi, je vous eu prie ( d'une Heure de Mariage).

MNVILLE.

Qu'ai-je entendu ? surprise extrême!

Mais dois-je croire à mon bonheur?

M'aimes-tu bien comme je t'aime? EHMELINE.

Je n'ose lire dans mon cœur.

RINVILLE.

Ce mot charmant , redis-le-moi.

EHMELINE.

On vient de ce côté, je croi.

Charles, de grâce, éloigne-toi.

binville.

Oui, je m'éloigne à l'instant même , Mais un seul mot?

BMHEL1NE.

Non , il le faut :

Partez , ou bien Je ne dis rien.

Ensemble.

RINVILLE.

Je t'obéis à l'instant même ,

Mais l'espoir rentre dans mon cœur.

EHMELINE.

Non , je ne puis dire moi-même Ce qui se passe dans mon cœur.

( Rinville sort par la porte à gauche. )

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