‹ Œuvres choisies de E. ScribeChapitre 242 sur 414 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

MADAME DE MARCILLY, seule, et après un moment de silence.

C'est vrai ; mais lui dire pourquoi !... jamais il ne le saura , ni lui, ni personne : c'est trop déjà que je le sache moi-même.

( Rlle s'asied sur le fauteuil qui est auprès de la psyché. ) A quinze ans ,

on croit à un éternel printemps ; on croit qu'on ne doit jamais ces" ser d'être fraîche et jolie, jusqu'au moment où la première ride vient vous apprendre qu'il est possible de vieillir. Eh bien! ( regardant si elle est seule , et à \oi\ basse ) je l'ai VUC , et les autres

la verront bientôt... les femmes surtout. ( Elle se lève. )

Air : Muse des bois.

Jusqu'à présent je sais bien qu'on l'ignore, Et qu'à trente ans il reste des beaux jours ; Je sais fort bien que je puis voir encore Autour de moi voltiger les amours :

Mais ces amours dont le souris m'accueille , Fuiront bientôt, si j'en croisée témoin ; Car, lorsque tombe une première feuille, Ah ! c'est l'automne! et l'hiver n'est pas loin.

Oui , je ne serai plus cette jeune veuve, l'objet des hommages, des adorations. Et si je marie ma fille, ce sera bien pis, je ne serai plus que la mère de madame de Saint-Félix , une maman dans toute la force du terme. Si le bonheur d'Eugénie en dépendait , je n'hésiterais pas ; mais une enfant , qui ne sait pas eucore ce qu'elle désire; c'est même une imprudence de la marier si jeune! Mais, puisqu'ils le veulent tous, tâchons de me raisonner

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