SCÈNE PREMIÈRE
M. ET vi LDAME DUMESNIL ; le mari est en robe de chambre, et la femme . en habit du malin.
H. DUMESNIL
Oui, ma chère amie, ce n'est qu'à dix heures qu'il doit venir ; ainsi ne vous pressez pas.
MADAME DUMESNIL
Comment, ne pas me presser ! une affaire de cette importance! à peine ai-je eu le temps de tout ordonner dans la maison*
M. DIMESML
Ma femme , ma femme, vous allez faire trop de préparatifs, et , aux yeux de M. de Luceval , ça aura un air de cérémonie.
MADAME DIMESML.
Du tout , monsieur, vous pouvez vous en rapporter à moi ; mais quand il y aurait un peu d'apparat , où serait le mal ? le jour où l'on attend un gendre... Un gendre ! ce mot-là est si doux pour une mère; et quel plaisir j'aurai à dire : Mon gendre, donnez la main à ma fille; mon gendre, asseyez- vous là.
M. DIMESML.
Justement , c'est qu'il ne faudra pas dire cela.
MADAME DUMF.SML.
Et pourquoi donc ?
M. DCMESML.
C'est qu'il n'est pas encore notre gendre.
MADAME DIMESML.
Puisqu'il se présente aujourd'hui , puisque c'est la première entrevue.
M. DIMESML.
l'eut-étre sera-ce la dernière , si nous ne lui convenons pas. Cependant , d'après ce qu'on m'a dit du jeune homme , je t'avouerai que j'ai bon espoir.
Air : Du partage de la richesse.
Il est seul, et n'entre en ménage Que pour avoir des amis , des parents.
MADAME DIMESML.
Voyez pour tui quel avantage ; Nous sommes sept en comptant nos enfants. Il ne tient pas à la naissance.
H. DCMESML.
D'un bon bourgeois je suis le lils. MADAME DUMESNIL.
II ne tient pas à l'opulence.
M. DUMESNIL
Depuis vingt ans je suis commis.
Avec de bons appointements, il est vrai, mais ce n'est pas une fortune.
HASAME DIMESML.
11 est de fait que sous tous les rapports c'est pour lui un mariage superbe ; et puis notre fille Camille est si douce, si aimable...