‹ Œuvres choisies de E. ScribeChapitre 32 sur 414 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

CAMILLE

A la bonne heure.

ACCl'STE, tendrement.

Nous n'avons rien fait, parce que, vois-tu, nous parlions de toi.

VICTOR, d'un air triste.

Oui ; nous pensions à l'avenir .

CAMILLE

L'avenir ! qu'est-ce que c'est que ça? est-ce que cela arrivera jamais P Pour des artistes , il n'y a que le présent ; et qu'a-t-il donc de si triste ? ( A Victor. ) Voyons , monsieur , qu'est-ce qu'il vous manque? N'êtes-vous pas heureux ? et vomiriez- vous changer votre situation ?

VICTOR, vivement.

Oh , non ! jamais !

AtGISTE.

Et moi donc! être artiste , et mourir de faim ; j'aime à vivre

Comme Cela. (H manque de renverser la casserole.) Aïe! le déjeuner ! VICTOR., à Camille, lui montrant son tableau.

Air : Taisez-vous (d'Amédce de Beauplan).

Toi, qui m'as servi de modèle, Tiens, comment trouves-tu cela?

CAMILLE

Comme c'est bien !

VICTOR

Moins bien que celle Dont le souvenir m'inspira.

(Lui prenant la main.) Oui, je l'ai fait à ton image!

CAMILLE

Victor, vous ne travaillez pas.

VICTOR

Puis-je penser à mon ouvrage Quand je regarde tant d'appas?

Camille, lui fermant la bouche et détournant la tête. Taisez-vous ; ne regardez pas.

DEUXIÈME COIPLET.

ALGLSTE.

Cette cavaline m'enchante!

Tiens, Camille, viens donc la voir.

CAMILLE , parcourant le papier de musique. Je crois qu'elle sera charmante.

AUGUSTE, de l'autre coté.

Tu nous la chanteras ce soir.

CAMILLE

Mais la fin est encore à faire ; Quoi! vous vous reposez déjà!

AUGUSTE, la regardant tendrement.

Et comment travailler, ma chère , Quand je te vois comme cela?

CAMILLE, de même qu'au premier couplet, lui tournant la tète du côté de la cheminée.

Taisez -vous ; regardez par là!

AUGUSTE

Ah , mon Dieu ! le déjeuner qui s'en va.

(On entend chanter en dehors.)

CAMILLE

C'est lui ; c'est notre ami Scipion.

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