‹ Œuvres choisies de E. ScribeChapitre 345 sur 414 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

tire comme il pourra, jusqu'à ce que j'aie trouve quelque moyen

de le secourir. (Il sort du même côté que Zanelta. ) LE COMTE, seul.

Ah! voici notre jeune homme; (souriant) il doit être furieux. SCÈNE X.

LE COMTE ; FRÉDÉRIC, suivi de deux valels.

FRÉDÉRIC, avec colère.

Morbleu ! m'enlever ainsi de chez moi , sans me dire un seul

mot, sans daigner m'expliquer... (Le comte fait signe aux valets de se retirer. Frédéric se tournant du côté du comte. ) Saurai-je enfin chez qui je suis ?

LE COMTE, se levant et allant à Frédéric.

Chez moi , monsieur.

FRÉDÉRIC

Dieu ! le comle d'Aranza ! le père de celle que j'aime !

LE COMTE

Je vois que vous ne pouvez me pardonner la manière un peu brusque dont je vous ai forcé à me rendre visite.

FRÉDÉRIC

Moi, monsieur! (A part.) C'est tout ce que je désirais; je ne cherchais qu'un moyen de me présenter.

LE COMTE

Je vous prouverai bientôt que j'avais le droit d'agir ainsi : en attendant, je vous prie de m'écouter. Vous serez traité ici avec tous les égards que vous méritez ; vous mangerez à ma table, vous serez servi par mes gens , mais vous ne verrez personne et n'aurez d'autre société que la mienne et celle de ma fille.

FRÉDÉRIC, avec joie.

Quoi! monsieur...

LE COMTE

Toutes vos réclamations sont inutiles; j'ai ordre de vous surveiller, et vous ne me quitterez pas ; ainsi, vous pouvez tout avouer, et reprendre votre véritable nom.

FRÉDÉRIC

Mon nom ! je ne prétends pas le cacher; je suis Frédéric de...

LE COMTE, l'interrompant.

Je vous ai dit, monsieur, qu'il n'était plus temps de feindre, et j'exige maintenant que vous me disiez la vérité.

39i L'AMBASSADEUR.

FRÉDÉRIC, à part.

Pour rester ici je dirai tout ce qu'il voudra. (Haut.) Mais je \ ou demanderai , monsieur, ce qu'il faut vous avouer.

LE COMTE

Que vous êtes le fils du marquis d'Aveiro, mon ancien ami.

FRÉDÉRIC

Du marquis d'Aveiro!... quoi! monsieur, vous exigez ?...

LE COMTE

Oui, monsieur.

FRÉDÉRIC

Je ne puis pas alors vous dire le contraire.

Le bel effort ! croyez-vous que je l'ignorais? Plus tard, jeune homme , nous parlerons de vous, de votre père, du chagrin que vous lui causez.

FRÉDÉRIC

Moi, monsieur!

LE COMTE

En attendant, je ne vous demande qu'une chose : un noble Castillan n'a que sa parole ; promettez-moi, sur l'honneur, de ne pas vous échapper de cette maison.

FRÉDÉRIC

Oh ! pour cela , je vous le jure.

LE COMTE

C'est bien ; j'espère que nous finirons par nous entendre.

FRÉDÉRIC, à part.

Ça ne fera pas mal.

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