‹ Œuvres choisies de E. ScribeChapitre 352 sur 414 · LE GOUTE · texte numérisé non relu

LE GOUTE

Ne tremblez pas , je ne veux que savoir la vérité de votre bouche.

zanetta, hésitant.

La vérité !

LE COMTE

Vous connaissez , dit-on , un jeune homme nommé Frédéric ? ZANETTA, affectant un grand trouble.

Frédéric ! 0 ciel ! quoi , monsieur ! vous savez... Je suis perdue.

(Bas, à Saint-Jean.) Est-ce bien?

SAINT-JEAN

Sublime.

JULIETTE , à Jiart.

Il est donc vrai?

LE COMTE , à Zanetta.

Remettez-vous, je sais tout ; mais il importe que vous me fassiez vous-même un aveu franc et sans réserve.

ZVNETTA.

Je n'ai rieu à vous avouer , monsieur , je n'ai rien à vous dite , sinon que j'aime Frédéric.

ÏOO L'AMBASSADEUR.

Mais enfin...

ZA.neïTA.

J'aime Frédéric.

LE f.UMll .

Mais, mademoiselle...

ZA.NETTA.

J'aime Frédéric , j'aime Frédéric , et je ne sors pas de là. ( A

Saint-Jean.) N'est-Cepas?

SAINT-JEAN , bas.

Parfait.

LE COMTE

Impossible de lui faire entendre raison. Et savez-vous du moins quel est ce Frédéric dont vous partagez la folle passion? vous at-il instruite de son nom, de son rang?

ZA.NETTA.

Je sais comme vous , monsieur, que c'est le fils du marquis d'Aveiro.

LE COMTE

Eh bien , ma fille!

JULIETTE

Il est donc vrai ! plus de doute. ( A Zanctia. ) Il suffit , mademoiselle, vous ne travaillerez plus pour moi. Je vous prie de ne plus vous représenter ici.

ZAHETTA.

Comment, mademoiselle ! (Bas, à Saint-Jean.) Ah çà ! si cet amourlà va me faire du tort ?

SAINT-JEAN

Silence !

JLLIETTE, à son père.

Et quant à mon mariage, mon père, je suis décidée maintenant ; j'épouserai qui vous voudrez , et le plus tôt sera le mieux ! ( A part. ) J'en mourrai , mais c'est égal !

(Elle renlre dans son appartement.) SALNT-JEAN, à part.

Eh bien , voilà un danger que je n'avais pas prévu. Il faut la détromper.

( 11 veut la suivre. )

LE COMTE

Où vas-tu donc ?

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