‹ Œuvres choisies de E. ScribeChapitre 358 sur 414 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

SAINT-JEAN

Impossible depuis ce matin de vous voir et de vous parler... Que faire maintenant:'

ZANETTA

Tout avouer à son excellence.

Non pas, c'est moi qui payerais tous les frais.

FRÉDÉRIC

Écrire à ce marquis d'Aveho dont tu m'as donné le nom ; c'est l'ami de l'ambassadeur, mais c'est aussi celui de ma famille ; et j'ai vu de lui une lettre où il promettait de parler en ma faveur.

SAINT-JEAN

Il est à Madrid , et ne vous servira pas de si loin ; en attendant, vous perdez votre maîtresse, moi mes deux mille piastres.

ZANETTA

Et moi, mes quatre mille.

SAINT-JEAN

Il n'y a donc qu'un moyen qui peut tout réparer; monsieur le comte va revenir : tenez-vous à demeurer chez lui , à rester près de sa tille ?

FRÉDÉRIC

Tu me le demandes ?

SAINT-JEAN , montrant Zanctta.

Eh bien , alors! redevenez amoureux de mademoiselle.

FRÉDÉRIC

Et Juliette , que dira-t-el!e ?

SAINT-JEAN

Quand vous serez de la maison , ne trouverez -vous pas vingt occasions de lui parler, de lui avouer la vérité?

FRÉDÉRIC

Il a raison. Eh bien, soit ! si mademoiselle veut me le permettre, je l'aime , je l'adore , j'en suis fou. Ah ! son nom ?

SAINT- JEAN

Zanetta... (A Zanetta. ) Vous , ma petite, vous connaissez nos conventions , notre premier plan.

Air du Piège.

Vous dévouant pour le salut public, Que de nouveau l'un pour l'autre soupire.

ZANETTA

Je le veux bien. Je r'aime Frédéric ;

Mais permeltez-moi de le dire :

A chaque instant changer ainsi soudain,

J'en conçois de l'inquiétude.

Ce n'est qu'un jeu , je le sais; mais enfin ,

Ça peut en donner l'habitude ;

On peut en prendre l'habitude.

SAINT-JEAN

Et les principes qui sont là , et dont vous ne parlez pas. On vient, allons , allons , du feu, du désordre, du pathétique, c'est le père. (A Frédéric, montrant Zanelta.) Tombez à ses pieds... (Tirant son mouchoir. ) Dieu ! quel tableau !

(Frédéric se jette aux pieds de Zanetta.)

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