‹ Œuvres choisies de Gérard de NervalChapitre 49 sur 88 · XIX. — Je m'éveille · texte numérisé non relu

XIX. — Je m'éveille

Décidément, ce rêve est trop extravagant... même pour moi ! Il vaut mieux se réveiller tout à fait. — Ces petits drôles ! qui me démontaient la tête, et qui se permettaient après de rajuster les morceaux du crâne avec de grands coups de leurs petits marteaux ! — Tiens, un coq qui chante !... Je suis donc à la campagne ? C'est peut-être le coq de Lucien : 'A"X£XTpuwv. — Oh ! souvenirs classiques, que vous êtes loin de moi !

Cinq heures sonnent, — où suis-je? — Ce n'est pas là ma chambre... Ah ! je m'en souviens, — je me suis endormi hier à la Sirène, tenue par le Vallois, — dans la bonne ville de Meaux (Meaux en Brie, Seine-et-Marne.)

Et j'ai négligé d'aller présenter mes hommages à monsieur et à marne le maire ! — C'est la faute de Bilboquet {Faisant sa toilette) :

Air des Prétendus.

Allons présenter — hum ! — présenter notre hommage

A la fille de la maison !... (Bis.)

Oui, j'en conviens, elle a raison,

Oui, oui, la friponne a raison !

Allons présenter, etc.

Tiens, le mal de tête s'en va... Oui, mais la voiture est partie. Restons, et tirons-nous de. cet affreux mélange de comédie, — de rêve — et de réalité.

Pascal a dit :

« Les hommes sont fous, si nécessairement fous, que ce serait être fou par une autre sorte que de n'être pas fou. »

La Rochefoucauld a ajouté :

« C'est une grande folie de vouloir être sage tout seul. »

Ces maximes sont consolantes.

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