‹ Œuvres choisies de Gérard de NervalChapitre 77 sur 88 · FANTAISIE · texte numérisé non relu

FANTAISIE

Il est un air pour qui je donnerais Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber *, Un air très vieux, languissant et funèbre, Qui pour moi seul a des charmes secrets.

i. On prononce Webre.

Phot. Xadar.

GÉRARD DE NERVAL VERS 1 8 3 ^j

GERARD DR NRRV \I .

Or, chaque fois que je viens à l'entendre,

De deux cents ans mon âme rajeunit :

C'est sous Louis treize... — Et je crois voir s'étendre

Un coteau vert que le couchant jaunit ;

Puis un château de brique à coins de pierre, Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs, Ceint de grands parcs, avec une rivière Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs.

Puis une dame, à sa haute fenêtre, Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens... Que dans une autre existence peut-être, J'ai déjà vue — et dont je me souviens !

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