‹ Œuvres choisies de Gresset (volume 2)Chapitre 109 sur 134 · FLORISE, LISETTE · texte numérisé non relu

FLORISE, LISETTE

Eh bien , Lisette ?

FtOÈlSË.

LE MÉCHANT

LISETTE

Eh bien, madame?

FLORISE

Es-tu contente ?

LISETTE

Mais, madame', pas trop : ce couvent m’épouvante,

FLORISE

Pour y suivre Chloé je destine Marton ;

Tu resteras ici. Je paflois de Cléon.

Dis-moi , n’en es-tu pas extrêmement contente ?

Ai-je tort de défendre un esprit qui m’enchante?

J’ai bien vu tout à l’heure (et ton goût me plaisoit) Que tu t’amusois fort de tout ce qu’il disoit :

Conviens qu’il est charmant; et laisse, je te prie.

Tous les petits discours que fait tenir l’envie.

LISETTE

Moi, madame I eh, mon Dieu! je n’aimerois rien tant Que d’en croire du bien : vous pensez sensément ;

Et, si vous persistez à le juger de môme.

Si vous l’aimez toujours, il faut bien que je l’aime.

FLORISE

Ahî tu l’aimeras donc ; je te jure aujourd’hui Que do tout l’univers je n’estime que lui :

Cléon a tous les tons, tous les esprits ensemble;

Tl est toujours nouveau : tout le reste me semble D’une misère affreuse, ennuyeux à mourir;

Et je rougis des gens qu’on me voyoit souffrir.

LISETTE

Vous avez bien raison : quand on a l’avantage D’avoir mieux rencontré, le parti le plus sage Est de.s’y tenir; mais...

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