‹ Œuvres choisies de Gresset (volume 2)Chapitre 129 sur 134 · CLÉON, FLORISE · texte numérisé non relu

CLÉON, FLORISE

CLÉON

Vous venez à propos : j’allois chez vous, madame...

Mais quelle rêverie occupe .donc votre âme?

Qu’avez-vous? vos beaux yeux me semblent moins sereins; Faite pour les plaisirs, auriez-vous des chagrins?

FLORISE

J’en ai de trop réels. .

LE MECHANT

CLÉON

Dites-Ies-moi, de grâce;

Je les partagerai , si je ne les efface.

Vous connoissez...

FLORISE

J’ai fait bien des réflexions,

Et je ne trouve pas que nous nous convenions.

CLÉON

Comment, belle Florise? et quel affreux caprice Vous force à me traiter avec tant d’injustice?

Quelle étoit mon erreur 1 quand je vous adorois,

Je me croyois aimé...

FLORISE

Je me l’imaginois;

Mais je vois à présent que je me suis trompée :

Par d’autres sentiments mon ârpe est occupée *

Des folles passions j’ai reconnu l’erreur,

Et ma raison enfin a détrompé mon* cœur.

CLÉON

Mais est-ce bien à moi que ce discours s’adresse?

A moi dont vous savez l’estime et la tendresse,

Qui voulois à jamais tout vous sacrifier,

Qui ne voyois que vous dans l’univers entier ?

Ne me confirmez pas l’arrêt que je redoute; Tranquillisez mon cœur : vous l’éprouvez, sans doute?

Une autre vous auroit fait perdre votre temps.

Ou vous amuseroit par l’air des sentiments;

Moi, qui ne suis point fauSse...

CLÉON, à genoux, et de Toir le plus affligé.

Et vous pouvez, cruelle,

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