‹ Œuvres choisies de Gresset (volume 2)Chapitre 67 sur 134 · SCÈNE V. - FLORISE, LISETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE V. - FLORISE, LISETTE

FLOBISE. -

Eh bien , Cléon

ParoUra-t-il bientôt?

Comment donc?

LISETTE

Mais oui, si ce n’est non.

FLORISE

LISETTE

Mais, madame, au ton dont il- s’explique, A son air, où l’on voit dans un rire ironique L’estime de'lui-mème et le mépris d’autrui,

Comment peut-on savoir ce qu’on tient avec lui? Jamais ce qu’il vous dit n’est ce qu’il veut vous dire. Pour moi, j’aime les gens dont l’âme peut se lire.

Qui disent bonnement oui pour oui, non pour non.

FLORISE

Autant que je puis voir, vous n’aimez pas Cléon.

LISETTE

Madame, je serai peut-être trop sincère.

Mais il a pleinement le don de me déplaire.

On lui croit de l’esprit, vous dites qu’il en a :

Moi, je ne voudrois point do tout cet esprit-là.

Quand il seroit pour rien. Je n’y vois, je vous jure.

LE MÉCHANT

Qu’un style qui n’est pas celui de la droiture,

Et sous cet air capable, où l’on ne comprend rien. S’il cache un honnôte homme, il le cache très-bien*

FLORISE

Tous vos raisonnements ne valent pas la peine Que j’y réponde : mais pour calmer cette haine,

Disposez pour Paris tout votre arrangement :

Vous y suivrez Chloé; je l’envoie au couvent. Dites-Iui de ma part...

LIS ETTE

Voici mademoiselle :

Vous-mèmô apprenez-lui cette belle nouvelle.

FLORISE, à Chloé, qui lui baise la main.

Vous êtes aujourd’hui coiffée à faire horreur.

(Elle sort;)

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