ARISTE, GÉRONTE, CLÉON, LISETTE
GERONTE.
Que fait donc ta maîtresse? où chercher maintenant? Je cours... j'appelle..*
LISETTE
Elle est dans son appartement.
GÉBONTE.
Cela peut être , mais elle ne répond guère.
LISETTE
Monsieur, elle a si mal passé la nuit dernière..
géronte.
Oh ï parbleu ! tout ceci commence à m'ennuyer : Je suis las des humeurs qu'il me faut essuyer ; Comment ! on ne peu t plus être un seul jour tranquille ! Je vois bien qu'elle boude , et je connais son style ; Oh bien ! moi , les boudeurs sont mon aversion ,
3a6 LE MÉCHANT.
lit je n'en veux jamais souffrir dans ma maison. A mon exemple ici je prétends qu'on en use ; Je tâche d'amuser, et je veux qu'on m'amuse. Sans cesse de l'aigreur, des scènes , des refus , Et des maux éternels, auxquels je ne crois plus ! Cela m'excède enfin. Je veux que tout le monde Se porte bien chez moi, que personne n'y gronde , Et qu'avec moi chacun aime à se réjouir ; Ceux qui s'y trouvent mal, ma foi, peuvent partir.
Florise a de l'esprit : avec cet avantage
On a de la ressource; et je crois bien plus sage
Que vous la rameniez par raison , par douceur ,
Que d'aller opposer la colère à l'humeur :
Ces nuages légers se dissipent d'eux-mêmes :
D'ailleurs je ne suis point pour les partis extrêmes.
Vous vous aimez tous deux.
CEROSTE.
Et qu'en pense Cléon ?
CLÉOÎ*.
Que vous n'avez pas tort , et qu'Ariste a raison.
GERONTE.
Mais encor quel conseil...
CLÉON
Que voulez-vous qu'on dise ?
Vous savez mieux que nous comment mener Flori>e ;