‹ Œuvres choisies de Gresset (volume 3)Chapitre 87 sur 137 · ARISTE, LISETTE · texte numérisé non relu

ARISTE, LISETTE

LISETTE

An ! que votre retour nous était nécessaire, Monsieur, vous seul pouvez rétablir cette affaire : Elle tourne au plus mal; et si votre crédit Ne détrompe Géronte, et ne nous garantit, Cléon va perdre tout.

Que veux-tu que je fasse ? Géronte n'entend rien : ce que je vois me passe : J'ai beau citer des faits, et lui parler raison, Il ne croit rien , il est aveugle sur Gléon. J'ai pourtant tout espoir dans une conjecture Qui le détromperait , si la chose était sûre ; Il s'agit de soupçons, que je puis voir détruits. Comme je crois le mal le plus tard que je puis, Je n'ai rien dit encor ; mais aux yeux de Géronte Je démasque le traître et le couvre de honte, Si je puis avérer le tour le plus sanglant Dont je l'ai soupçonné , grâces à son talent.

LISETTE

Le soupçonner ! comment! c'est-là que vous en êtes ? Ma foi, c'est trop d'honneur, monsieur, que vous lui faites, Croyez d'avance, et tout.

Il s'en est peu fallu Que pour ce mariage on ne m'ait pas revu : Sans toutes mes raisons, qui l'ont bien ramenée, La mère de Valère était déterminée A les remercier.

LISETTE

Pourquoi ?

C'est une horreur.

Page 1