LE LUTRIN VIVANT
A M. L'ABBE DE SEGONZAC.
J Je mes écrits aimable confident,
Cher Séconzac, ma muse solitaire,
De ses ennuis brisant la chaîne austère,
Vient près de toi retouver l'enjoûment.
3e m'en souviens, lorsqu'un sort plus charmant
Nous unissait sur les rives de Loire,
Aux champs heureux dontTours estl'ornement.
Lieux toujours chers au dieu de l'agrément,
Je te promis qu'au temple de mémoire
Je placerais le pupitre vivant,
Dont je t'appris la naissance et la gloire.
Je l'ai promis; je remplis mon serment.
A dire vrai, cette moderne histoire
Est un peu folle , il en faut convenir.
Est-ce un défaut ? Non , si c'est un plaisir.
Dans les langueurs de la mélancolie,
Quoi ! la sagesse est-elle de saison ?
Un trait comique , une vive saillie,
Marqués au coin de l'aimable folie,