ACTE IH, SCÈNE IX. 33o
valère , d'un ton précipité.
Julie a pris Damon , non qu'elle l'aime fort ; Mais il avait Phryné , qu'elle hait à la mort. Lisidor à la fin a quitté Doralise :
Elle est bien , mais ma foi d'une horrible bêtise : Déjà depuis long- temps cela devait finir, Et le pauvre garçon n'y pouvait plus tenir.
cléon s bas à Valère.
Très-bien , continuez.
VALERE
J'oubliais de vous dire Qu'on a fait des couplets sur Lucile et Delphire : Lucile en est outrée, et ne se montre plus : Mais Delphire a mieux pris son parti là-dessus ; On la trouve par-tout s'affichant de plus belle , Et se moquant du ton , pourvu qu'on parie d'elle. Lise a quitté le rouge , et l'on se dit tout bas Qu'elle ferait bien mieux de quitter Licidas ; On prétend qu'il n'est pas compris dans la réforme , Et qu'elle est seulement bégueule pour la forme.
CÉRONTE.
Quels diables de propos me tenez-vous donc là t\
VALÈRE
Quoi ! vous ne saviez pas un mat de tout cela ?j On n'en dit rien ici? l'ignorance profonde! Mais c'est 5 en vérité , n'être pas de ce monde ;
Vous n'avez donc , monsieur , aucune liaison ? Eh mais ! où vivez-vous ?
géronte.
Parbleu ! dans ma maison , M 'embarrassant fort peu des intrigues frivoles D'un tas de freluquets , d'une troupe de folles ; Aux gens que je connais paisiblement borné. Eh ! que m'importe à moi si madame Phryné Ou madame Lucile affichent leurs folies ? Je ne m'occupe point de telles minuties , Et laisse aux gens oisifs tous ces menus propos , Ces puérilités , la pâture des sots.
CLÉON
( à Géronte. ) {bas à Valère. )
Vous avez bien raison... Courage.
GÉRONTE
Cher Valère , Nous avons , je le vois , la tête un peu légère , Et je sens que Paris ne t'a pas mal gâté ; Mais nous te guérirons de la frivolité. Ma nièce est raisonnable , et ton amour pour elle Va rendre à ton esprit sa forme naturelle.
VALÈRE
C'est moi , sans me flatter , qui vous corrigerai De n'être au fait de rien, et je vous conterai... .,