FLORISE, CLÉON
FLORISE
Je vous cherche partout. Ce que prétend mon frère Est-il vrai? Vous parlez, m’a-t-il dit, pourValère ; Changeriez- vous d’avis?
CLÉON
Comment ! vous l’avez cru ?" FLORISE
Mais il en est si plein et si bien convaincu...
Tant mieux. Malgré cela, soyez persuadée Que tout ce beau projet ne sera qu’en idée ;
LE MÉCHANT
Vous y pouvez compter, je vous réponds de tout : En ne paraissant pas contrarier son goût,
J’en suis beaucoup plus maître ; et la bête est si bonne,
Soit dit sans vous fâcher...
FLORISE
Ah ! je vous l’abandonne :
Faites-en les honneurs : je me sens, entre nous, Sa sœur on ne peut moins.
CLÉON
Je pense comme vous :
La parenté m’excède; et .ces liens, ces chaînes De gens dont on partage ou les torts ouïes peines, Tout cela préjugés, misères du vieux temps ;
(Test pour le peuple enfin que sont faits les parents. Vous avez de l’esprit, et votre fille est sotte ;
Vous avez pour surcroît un frère qui radote ;
Eh bien! c’est leur affaire, après tout : selon moi, Tous ces noms ne sont rien, chacun n’est que pour soi.
Vous avez bien raison ; je vous dois le courage Qui me soutient contre eux, contre ce mariage. L’affaire presse au moins, il faut se décider : Ariste nous arrive, il vient de le mander ;
Et, par une façon des galants du vieux style, Géronte sur la route attend l’autre imbécile.
Il compte voir ce soir les articles signés.
CLÉON
Et ce soir finira tout ce que vous craignez. Premièrement, sans vous on ne peut rien conclure.