ACTE III, SCENE II
Tes soupçons vont trop loin. Qu’ai-je fait contre lui ? Et pourquoi voudrait-il m’affliger aujourd’hui ? Peut-il être des cœurs assez noirs pour se plaire A faire ainsi du mal pour le plaisir d’en faire? Mais toi-même pourquoi soupçonner cette horreur? Je te vois lui parler avec tant de douceur! LISETTE
Vraiment, pour mon projet, il ne faut pas qu’il sache Le fonds d’aversion qu’avec soin je lui cache. Souvent il m’interroge, et du ton le plus doux Je flatte les desseins qu’il a, je crois, sur vous :
Il imagine avoir toute ma confiance ;
Il me croit sans ombrage et sans expérience ;
Il en sera la dupe : allez, ne craignez rien ; Géronte amène Ariste, et j'en augure bien.
Les desseins de Cléon ne nuiront point aux nôtres : J’ai vu ces gens si fins plus attrapés que d’autres; On l’emporte souvent sur la duplicité En allant son chemin avec simplicité,
Et...
FRONTIN, derrière le théâtre.
Lisette !
LISETTE, à Chloè.
Rentrez ; c’est Frontin qui m’appelle.