ARISTE, LISETTE
Ah ! que votre retour nous était nécessaire, Monsieur, vous seul pouvez rétablir cette affaire, Elle tourne au plus mal, et, si votre crédit Ne détrompe Géronte et ne nous garantit,
Cléon va perdre tout.
ARISTE
Que veux-tu que je fasse?
Géronte n’entend rien : ce que je vois me passe. J’ai beau citer des faits et lui parler raison,
Il ne croit rien, il est aveugle sur Cléon.
J’ai pourtant tout espoir dans une conjoncture Qui le détromperait, si la chose était sûre ;
Il s’agit de soupçons que je puis voir détruits : Comme je crois le mal le plus tard que je puis,
Je n’ai rien dit encor ; mais aux yeux de Géronte Je démasque le traître et le couvre de honte,
Si je puis avérer le tour le plus sanglant Dont je l’ai soupçonné, grâces à son talent. LISETTE
Le soupçonner ? comment ! c’est là que vous en êtes ? Ma foi, c’est trop d’honneur, monsieur, que vous lui faites.
Croyez d’avance, et tout...
ARISTE
Il s’en est peu fallu.
LE MÉCHANT
Que pour ce mariage on ne m’ait pas revu.
Sans toutes mes raisons, qui l’ont bien ramenée, La mère de Valère était déterminée A les remercier.
LISETTE Pourquoi ?
ARISTE
C’est une horreur
Dont je veux dévoiler et confondre l’auteur ;
Et tu m’y serviras.
LISETTE
A propos de Valère,
Où croyez-vous qu’il soit?
ARISTE
Peut-être chez sa mère Au moment où j’en parle; à toute heure on l’attend.
LISETTE
Bon ! il est ici.
ARISTE
Lui?
LISETTE
Lui ; le fait est constant.
Mais quelle étourderie!
LISETTE
Oh ! toutes ses mesures
Semblaient, pour le cacher, bien prises etbien sûres.