‹ Œuvres choisies de GressetChapitre 47 sur 94 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

ARISTE

Si l’on vous faisait voir que ce bon air, ces grâces, Ce clinquant de l’esprit, ces trompeuses surfaces, Cachent un homme affreux qui veut vous égarer, Et que Ton ne peut voir sans se déshonorer? VALÈRE

C’est juger par des bruits de pédants, de commères. ARISTE

Non, par la voix publique : elle ne trompe guères. Géronte peut venir, et je n’ai pas le temps De vous instruire ici de tous mes sentiments ; Mais il faut sur Cléon que je vous entretienne ; Après quoi choisissez son commerce ou sa haine. Je sens que je vous lasse, et je m’aperçois bien,

A vos distractions, que vous ne croyez rien ;

Mais, malgré vos mépris, votre bien seul m’occupe; Il serait odieux que vous fussiez sa dupe.

L’unique grâce encor qu’attend mon amitié,

C’est que vous n’alliez point paraître si lié Avec lui ; vous verrez avec trop d’évidence Que je n’exigeais pas une vaine prudence.

Quant au ton dont il faut ici se présenter,

Rien, je crois, là-dessus ne doit m’inquiéter ; Vous avez de l’esprit, un heureux caractère,

De l’usage du monde, et je crois que, pour plaire, Vous tiendrez plus de vous que des leçons d’autrui. Géronte vient; allons...

LE MÉCHANT

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