ACTE III, SCÈNE IX
VALÈRE
Je veux d’abord. . .
GÉRONTE
D’abord il faut changer de toa.
CLÉON, bas, à Valère.
Dites, pour l’achever, du mal de la maison.
GÉRONTE
Or, écoute...
VALÈRE
Attendez, il me vient une idée.
[Il se promène au fond du théâtre , regardant de côté et d'autre , sans écouter Géronte .)
GÉRONTE, à Cléon.
Quelle tête! Oh! ma foi, la noce est retardée - Je ferais à ma nièce un fort joli présent!
Je lui veux un mari sensible, complaisant :
Et, s’il veut l’obtenir (car je sens que je l’aima).
Il faut sur mes avis qu’il change son système. Mais qu’examine-t-il ?
VALÈRE
Pas mal... cette façon...
Tu trouves bien, je crois, le goût de la maison? Elle est belle, en bon air : enfin, c’est mon ouvrage; Il faut bien embellir son petit ermitage ;
J’ai de quoi te montrer pendant huit jours ici. Mais quoi !
LE MÉCHANT
VALERE
Je suis à vous... En abattant ceci...
CLÉ ON, à Géronte.
Que parle-t-il d’abattre?
VALÈRE Oh ! rien.
GÉRONTE
Mais je l’espère.
Sachons ce qui l’occupe : est-ce donc un mystère? VALÈRE
Non, c’est que je prenais quelques dimensions Pour des ajustements, des augmentations.
GÉRONTE
En voici bien d’une autre ! Eh ! dis-moi, je te prie, Te prennent-ils souvent, tes accès de folie?
VALÈRE
Parlons raison, mon oncle ; oubliez un moment Que vous avez tout fait, et point d’aveuglement : Avouez, la maison est maussade, odieuse;
Je trouve tout ici d’une vieillesse affreuse :
Vous voyez...
GÉRONTE
Que tu n’as qu’un babil importun; De l’esprit, si l’on veut, mais pas le sens commun,
VALÈRE
Oui... vous avez raison : il serait inutile D’ajuster, d’embellir...