SCÈNE XII
VALÈRE, seul.
Je ne sais où j’en suis, ni ce que je résous.
Ah ! qu’un premier amour a d’empire sur nous ! J’allais braver Chloé par mon étourderie ;
La braver ! j’aurais fait le malheur de ma vie :
Ses regards ont changé mon âme en un moment ;
Je n’ai pu lui parler qu'avec saisissement.
Que j’étais pénétré! que je la trouve belle !
Que cet air de douceur et noble et naturelle A bien renouvelé cet instinct enchanteur,
Ce sentiment si pur, le premier de mon cœur !
LE MÉCHANT
Ma conduite à mes yeux me pénètre de honte. Pourrai -je réparer mes torts près de Géronte ?
Il m’aimait autrefois ; j’espère mon pardon.
Mais comment avouer mon amour à Cléon?
Moi sérieusement amoureux !... Il n’importe : Qu’il m’en plaisante ou non, ma tendresse l’emporte. Je ne vois que Chloé... Si j’avais pu prévoir... Allons tout réparer : je suis au désespoir.