‹ Œuvres choisies de GressetChapitre 69 sur 94 · GÉRONTE, ARISTE, VALÈRE · texte numérisé non relu

GÉRONTE, ARISTE, VALÈRE

GÉRONTE

Le voilà bien paré ! Ma foi, c’est grand dommage Que vous ayez ici perdu votre étalage !

VALÈRE

Cessez de m’accabler, monsieur, et par pitié Songez qu’avant ce jour j’avais votre amitié ;

Par l’erreur d’un moment ne jugez point ma vie ; Je n’ai qu’une espérance ; ah î m’est-elle ravie? Sans l’aimable Chloé je ne puis être heureux ; Voulez- vous mon malheur?

GÉRONTE

Elle a d’assez beaux yeux...

Pour des yeux de province.

Ah! laissez là, de grâce, Des torts que pour toujours mon repentir efface ; Laissez un souvenir...

LE MÉCHANT

GÉRONTE

Vous-même, laissez-nous :

Monsieur veut me parler. Au reste, arrangez-vous Tout comme vous voudrez* vous n’aurez point ma nièce.

VALÈRE

Quandj’abjure àjamais ce qu’un moment d’ivresse . . .

GÉRONTE

Oh ! pour rompre, vraiment, j ’ai bien d’autres raisons.

VALÈRE

Quoi donc?

GÉRONTE

Je ne dis rien ; mais, sans tant de façons, Laissez-nous, je vous prie, ou bien je me retire.

Non, monsieur, j’obéis... A peine je respire... Ariste, vous savez mes vœux et mes chagrins, Décidez de mes jours, leur sort est dans vos mains.

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