COUPLETS
A quatorze ans qu’on est novice !
Je me sens bien quelques désirs ;
Mais le moyen qu’on m’éclaircisse !
Une fleur fait tous mes plaisirs ;
La jouissance d’une rose Peut rendre heureux tous mes moments.
Eh ! comment aimer autre chose A quatorze ans, à quatorze ans?
Je mets plus d’art à ma coiffure :
Je ne sais quoi vient m’inspirer.
N’est-ce donc que pour la figure Qu’on aime tant à se parer?
Toutes les nuits, quand je repose,
Je rêve, mais à des rubans ;
Eh ! comment rêver d’autre chose A quatorze ans, à quatorze ans?
Une rose venait d’éclore ;
Je l’observais, sans y songer:
C’était au lever de l’aurore,
Le zéphyr vint la caresser :
C’est donc quand la fleur est éclose Qu’on voit voltiger les amants?
Mais, hélas ! est-on quelque chose A quatorze ans, à quatorze ans?
Paris. — Imprimerie Nouvelle (assoc. ouv.), 11, rue Cadet. A. Mangeot, directeur.